GSK : 720 emplois menacés, procédure Renault enclenchée

Un maximum de 720 emplois perdus dont 595 cadres et 125 employés, c’est ce qu’il ressort du conseil d’entreprise extraordinaire tenu ce mercredi chez GSK. Il s’agit d’emplois dans les départements des opérations de la recherche et développement, de la fabrication et du service qualité, ainsi que les fonctions globales de support de l’organisation Vaccines en Belgique. Cela représente 8% des emplois du groupe pharmaceutique en Belgique. Aussi, quelque 215 contrats temporaires ne seront pas renouvelés. Un plan Renault prévu pour les licenciements collectifs est lancé. La phase de consultation devrait être lancée dans les prochains jours.

Cette réorganisation doit s’étendre sur deux ans. GSK va se scinder en deux nouvelles sociétés. D’une part, le New GSK, une société biopharmaceutique avec une approche commune de recherche et développement (R & D) focalisée sur la science en relation avec le système immunitaire, l’utilisation de la génétique et des nouvelles technologies. D’autre part, une nouvelle société leader de la Santé grand public (Consumer Healthcare).

Automatisation des unités de productions

Première raison évoquée par GSK pour cette restructuration : l’augmentation de ses investissements en recherche et développement et dans le lancement de nouveaux produits. "Au cours des prochaines années, GSK augmentera ses investissements en R & D pour accélérer le développement et la mise sur le marché de nouveaux vaccins", fait savoir le groupe dans un communiqué.

La deuxième cause de ces licenciements est l’automatisation des unités de productions "pour augmenter la capacité et d’effectuer des investissements technologiques, avec l’intention d’investir plus de 500 millions € au cours des trois prochaines années en Belgique".

Enfin, GSK estime que cette transformation va simplifier l’organisation ce qui "rendra l’entreprise plus agile".

GSK ne compte pas délocaliser

"Il est important que nous entamions dès aujourd’hui des discussions avec nos partenaires sociaux par le biais du Conseil d’Entreprise afin d’examiner plus en détail l’impact potentiel de ce projet de transformation sur nos employés", communique Patrick Florent, Administrateur Délégué de GSK Vaccines en Belgique.

"GSK prend ses responsabilités envers ses employés très au sérieux, ajoute-t-il, et veillera à ce que les changements proposés soient abordés de manière responsable, conformément aux valeurs de l’entreprise. Finalement, je souhaite reconfirmer l’engagement stratégique de GSK en Belgique, qui restera au cœur des opérations de vaccins."

Dès leur arrivée ce matin, les membres du personnel redoutaient une restructuration massive des activités. Le groupe pharmaceutique est le plus gros employeur privé en Wallonie avec 9400 emplois (intérimaires inclus), principalement à Wavre et à Rixensart, le site de Gembloux n’occupant qu’un petit nombre de travailleurs.

Le site belge fait partie des principaux centres de recherche et développement de l’entreprise avec ceux du Royaume-Uni, des États-Unis, d’Espagne et de Chine. Au total, le géant pharmaceutique emploie 99 000 personnes à travers le monde.

La peur d'une autre vague de licenciements 

"On est entre 8 et 9 milliards de chiffre d’affaire, c’est mirobolant, réagit Michel de Bondt, délégué principal CSC ouvriers chez GSK. On voit bien que nos actionnaires et dirigeants ont choisi de grossir ce chiffre. […] mais dans cette entreprise, on ne fait pas que du fric, on fait aussi des vaccins, ce que notre responsable Patrick Florent a rappelé." Le syndicaliste a également ajouté au micro de l'agence Belga: "La vague de licenciements touche les cadres et les employés, rien ne dit qu'il n'y en aura pas une deuxième ensuite qui concernera les ouvriers. Nous demanderons à la direction d'être très claire à ce sujet."

"On savait notamment qu’il y avait une cinquantaine d’employés administratifs en trop, mais les chiffres de la direction sont beaucoup plus importants", réagit Imdat Gunes, délégué principal FGTB. Le syndicat socialiste se réjouit néanmoins que l’emploi ouvrier soit maintenu.

Les syndicats vont organiser chacun de leur côté une assemblée générale avec le personnel ce vendredi pour programmer d’éventuelles actions. Une réunion entre syndicats et direction est prévue lundi prochain.

Rencontre avec le gouvernement dès demain

Le monde politique a réagi. En séance plénière du parlement de Wallonie quelques minutes après l’annonce, le ministre de l’Economie, Willy Borsus, a annoncé qu’une rencontre entre le gouvernement et la direction de GSK Vaccines doit avoir lieu demain. Une autre rencontre avec la délégation syndicale ce vendredi. L’objectif : réduire au maximum le nombre d’emplois concernés par la restructuration.

Et Christie Morreale, ministre wallonne de l’Emploi d’ajouter : "Ce sont des moments difficiles pour l’emploi […] Nous aurons des discussions pour essayer de sauver l’emploi. […] Nous les mettrons en corrélation avec les investissements qui sont proposés."

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