Grez-Doiceau: l'angoisse d'une famille afghane menacée d'expulsion, le comité de soutien lance un appel aux dons

Abdul et Khadija Yusufi et leurs cinq enfants (de gauche à droite): Hussain, Fatima, Mohammad, Masha et Parasto
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Abdul et Khadija Yusufi et leurs cinq enfants (de gauche à droite): Hussain, Fatima, Mohammad, Masha et Parasto - © Hugues Van Peel - RTBF

L’attente se prolonge pour les Yusufi, cette famille d’origine afghane arrivée en Belgique il y a quelques années. Les démarches entreprises pour obtenir l’asile n’ont pas abouti. Installés à Grez-Doiceau, les parents et leurs cinq enfants espèrent encore se voir accorder une régularisation pour circonstances exceptionnelles, mais la ministre Maggie De Block n’a toujours pas répondu au courrier qui lui a été adressé début mai par le comité de soutien.

"Nous avons fait deux manifestations, les médias ont quand même relayé beaucoup d’informations par rapport aux démarches entreprises pour soutenir la famille Yusufi, mais malheureusement nous ne voyons toujours rien venir, regrette Steven Lemaire, du comité de soutien. C’est évidemment une période un peu creuse au niveau du gouvernement, mais on s’attendait à une réponse de sa part."

Menaces de mort en Afghanistan

A Grez-Doiceau, personne ne comprend pourquoi cette famille, menacée de mort en Afghanistan, devrait quitter la Belgique, alors qu’elle y est bien intégrée. Le père, Abdul, a une promesse d’embauche s’il est régularisé, et les cinq enfants ont tous réussi leur année scolaire. L’ainé, Hussain, a terminé sa rhéto et veut commencer des études d’ingénieur industriel. Fatima, 12 ans, a quant à elle obtenu son CEB, ainsi que le premier prix de néerlandais et un prix artistique dans son école.

Jusqu’au 30 juin, la famille était protégée par la scolarité des enfants. Mais au début des vacances, les Yusufi auraient dû se rendre au centre Fedasil de Saint-Trond. Ils ne l’ont pas fait car ils espèrent toujours une issue positive. Un choix difficile.

"Ils vivent dans la peur permanente qu’on vienne frapper à leur porte pour les emmener dans un centre fermé et les envoyer dans un pays en guerre qui les condamne à une mort certaine", poursuit Steven Lemaire.

Un appel aux dons

Et les Yusufi sont confrontés à un autre problème dans l’immédiat: le manque de moyens pour subvenir à leurs besoins. La famille peut encore occuper le logement mis à sa disposition par le CPAS de Grez-Doiceau, mais elle ne reçoit plus d’aide financière de Fedasil, du fait qu’elle devrait se trouver aujourd’hui dans un centre de transit.

Le comité de soutien a donc lancé un appel aux dons pour payer la nourriture, les soins de santé et peut-être aussi les frais de scolarité si l’attente se prolonge, l’espoir étant que les enfants retournent à l’école en septembre. Ils se retrouveraient sans doute alors à nouveau à l’abri de toute tentative d’expulsion durant la prochaine année scolaire.

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