Grez-Doiceau: erreur de procédure et avis négatif, la famille Yusufi perd une manche mais ne baisse pas les bras

Grosse désillusion pour les Yusufi, cette famille d’origine afghane arrivée en Belgique en 2015 et installée à Grez-Doiceau depuis plusieurs années. Elle devait comparaître ce lundi devant le Conseil du Contentieux des Etrangers pour défendre son dossier, après que sa dernière demande de régularisation a été jugée irrecevable. Mais l’audience a tourné court. Le juge a invoqué un problème de procédure, une lettre qui ne serait pas arrivée à temps dans le dossier en juin 2020. Il a donc rendu un avis négatif.

"La famille n’a pas du tout eu le droit à la parole, elle n’a pas eu la possibilité de se défendre, déplore Steven Lemaire, enseignant à Grez-Doiceau et membre du comité de soutien. Elle est un peu désemparée. Pourquoi ne pas l’avoir avertie que ça n’allait pas passer? Les deux enfants, Hussain et Fatima, sont entrés pour assister à l’audience, Hussain a demandé à pouvoir dire un mot mais ça lui a été refusé. Je pense que les juges ont des procédures à suivre et que s’il y a la moindre chose qui coince, ils s’en tiennent aux procédures. Et donc ici, l’audience n’a duré que quelques minutes. Hussain et Fatima sont sortis en pleurs, ne sachant plus que faire."

Nouvelle demande de régularisation

Pour l’instant, les Yusufi sont donc toujours priés de retourner en Afghanistan et d’introduire là-bas une demande d’asile, alors qu’il n’y a plus d’ambassade de Belgique sur place depuis plusieurs années. La famille et ses sympathisants ont pris un coup au moral ce lundi, mais ils ne baissent pas les bras. Ils envisagent déjà de déposer une nouvelle demande de régularisation sur base d’un autre critère. Ils comptent aussi aussi interpeller le secrétaire d’Etat en charge de l’asile et de la migration, Sammy Mahdi.

"Nous trouvons dommage que ce système soit psychologiquement si difficile pour des sans-papiers qui ont déjà vécu des atrocités dans le passé et qui doivent encore continuer à attendre, à se demander à chaque instant si oui ou non ils vont pouvoir rester. Malheureusement, il y a ce frein juridique qui empêche la famille de voir un avenir."

Et le comité de soutien de rappeler l’ancrage des Yusufi à Grez-Doiceau, les liens qui se sont tissés au fil des ans, la scolarité irréprochable des cinq enfants et l’investissement d’Abdul Yusufi, le papa, comme bénévole à la Croix-Rouge. Jusqu’à présent, cette intégration parfaite n’a pas suffi.

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