Genval: mobilisation de 500 élèves en soutien à une famille arménienne menacée d'expulsion

500 élèves, les bras en l'air, pour soutenir leurs camarades de classe
500 élèves, les bras en l'air, pour soutenir leurs camarades de classe - © Vinciane Votron

500 enfants sur la place communale de Genval. En soutien à une famille d'origine arménienne, menacée d'expulsion. Installée depuis 8 ans en Belgique, la famille est parfaitement intégrée dans la commune de Rixensart où les enfants fréquentent les écoles. Leurs camarades de classe ont voulu marquer leur soutien au son des tambours.

Trop jeune pour mourir

Deux coups de tambour, un cri et puis un silence: "Ce moment où il y a un temps fort où ils crient, où ils expulsent leur rage, leur énergie, leur mécontentement et ce moment de froid, d'arrêt contraste bien avec tout ce que cette annonce d'expulsion entraîne" explique Gilles Sermeus, un travailleur social de l'asbl D'Clic. Les enfants de la famille Mgroyan fréquentent régulièrement cette association qui gère l'école des devoirs de la commune de Rixensart. En décembre dernier, l'Office des étrangers a refusé la demande de régularisation. La famille pourrait être expulsée en Arménie, dans une région sous tension à la frontière avec l'Azerbaïdjan. Ovanès est impressionné par rapport à cet élan de solidarité: "Au début, je pensais qu'il y aurait beaucoup moins de monde. En un seul coup, tous ces gens arrivent." Il ne veut pas retourner là-bas: "Parce qu'il y a la guerre et je suis trop jeune pour mourir."

Élan de solidarité

Lorsque l'école a appris la menace qui pesait sur cette famille, un véritable élan de solidarité s'est mis en place. Association des parents et professeurs ont sensibilisé les élèves. Dominique Lefebvre, le directeur du collège Notre-Dame des Trois Vallées: "On a organisé une information sur la situation de la famille. On leur a expliqué les difficultés des réfugiés et des démarches administratives qu'ils devaient mener. Cela a généré un élan, une envie de participer. On parle de réfugiés, de cause humanitaire, là, on a une situation à notre porte. Il fallait que les élèves entrent dedans en évitant les préjugés, en évitant les amalgames et les propos à l'emporte-pièce. Et nous sommes très heureux que cela se fasse avec beaucoup de dignité".

Bons élèves

L'Office des étrangers confirme que la famille Mgroyan a reçu un ordre de quitter le territoire. Un recours a été introduit, mais celui-ci n'est pas suspensif. La famille peut donc être expulsée à tout moment. Une situation que les camarades de classe des enfants ne comprennent pas: "Je connais bien Suzy. Elle était dans ma classe l'année passée. Elle travaille super bien. Son papa, il travaille aussi et il fait du bon boulot. Suzy, elle avait des bons points au bulletin. Elle était même plus forte que certains qui étaient là depuis qu'ils sont nés. Elle a le droit de rester ici. On est tous là pour qu'elle reste dans notre pays. Parce que c'est le sien aussi." Aurélie est en 5ème secondaire et est une amie de Marina: "Je suis venue pour la soutenir parce que cela me touche beaucoup. Elle mérite sa place comme tout le monde ici. C'est une fille comme toutes les autres. Elle n'a pas de problèmes. Elle est l'amie de tous, donc, je ne comprends pas. On est tous là pour elle. On est tous solidaires entre nous. Je pense que cela la touche beaucoup qu'on soit aussi nombreux et d'avoir eu autant de signatures." Une pétition a récolté plus de 6000 signatures pour le moment.

Une mobilisation qui touche le papa, les larmes aux yeux: "Un énorme merci à vous tous, un merci qui vient du fond du cœur"...

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