Gens du voyage: "Là où l'accueil est organisé, le bilan est positif"

Le terrain de Lives-sur-Meuse à Namur peut accueillir jusqu'à vingt caravanes
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Le terrain de Lives-sur-Meuse à Namur peut accueillir jusqu'à vingt caravanes - © Monika Wachter - RTBF

Ahmed Ahkim, le directeur du Centre de médiation des gens du voyage en Wallonie, le souligne. "Là où l'accueil est organisé et géré par les autorités communales nous pouvons clairement dire que le bilan est positif voire très positif". Le médiateur l'a répété à la conférence organisée lundi soir à Ottignies, la seule commune du Brabant wallon à offrir ce service. L'échevin ottintois Michel Beaussart le confirme. Cela fait 15 ans que la commune met un terrain provisoire à disposition des gens du voyage, sur demande et en payant les charges. Et ça se passe bien.

Il n'y a pas assez de terrains

Le grand regret des gens du voyage est le manque d'aire d'accueil. Il n'y a qu'une poignée en Wallonie. Namur a ouvert le sien à l'entrée de la ville, à Lives-sur-Meuse, au printemps 2015. Stéphanie Scailquin, échevine de la cohésion sociale tire aussi un bilan positif. "On voit que notre terrain correspond à un besoin parce que toute la saison a été occupée. Sur les 20 groupes accueillis pendant les deux saisons il n'y a eu qu'un seul qui a posé problème et qu'il a fallu expulsé. Avec tous les autres le système a bien fonctionné."

Il faut dire qu'à Namur il y a une aussi une médiatrice sur place qui propose notamment des activités aux enfants.

Des gens de chez nous

Les gens du voyage font encore souvent peur quand ils arrivent avec leurs caravanes. "Pourtant, dit Ahmed Ahkim, ce sont des gens d'ici qui ont juste comme mode d'habitat un habitat différent, mobile, depuis des décennies voire des siècles. La plupart sont belges ou parfois français."

Il y a environ 20 000 Belges qui ont ce mode de vie. 

Ne fermez pas les portes en hiver

En Wallonie, la petite dizaine d'aires d'accueil est ouverte pendant la belle saison. Toutes ferment en hiver, de la fin octobre à la mi-mars. Pourtant, les gens du voyage ont aussi besoin de terrain en hiver.

Ahmed Ahkim souligne que "même si les demandes diminuent, il y a quand-même entre 20 et 25 pour cent des gens du voyage qui continuent à séjourner en Belgique qui n'ont pas de terrain qui leur appartient vers lequel ils peuvent retourner durant l'hiver. Il restent ballottés d'un village à l'autre, d'une commune à l'autre à chercher un lieu où ils peuvent se poser pendant quelques semaines ou quelques mois pendant l'hiver. Ils demandent qu'on ne ferme pas les terrains d'accueil en hiver."

Le comité national des gens du voyage demande depuis un an un moratoire sur les expulsions en hiver.

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