Genappe: deux projets d'écoles secondaires sur le site de l'ancienne sucrerie

Le site de l'ancienne sucrerie de Genappe accueillera bientôt une nouvelle école secondaire. Laquelle ?
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Le site de l'ancienne sucrerie de Genappe accueillera bientôt une nouvelle école secondaire. Laquelle ? - © Vinciane Votron

A Genappe, il n'existe aucune école secondaire sur le territoire de la commune. Or, 13 écoles fondamentales forment des centaines d'élèves. A 12 ans, ils doivent se rendre dans les établissements aux alentours, vers Nivelles, Wavre ou Louvain-la-Neuve. Un "désert" secondaire qui s'accompagne d'un boom démographique. Une étude démographique a été réalisée en octobre 2016 par l'administration. Bien qu'elle ne soit pas encore publiée, les premières tendances devraient confirmer ce besoin criant d'une école secondaire dans cette zone du Brabant Wallon. Mais laquelle choisir ? 

Deux projets, un site

C'est sur le site de l'ancienne sucrerie de Genappe que les deux porteurs de projet ont jeté leur dévolu. D'un côté, il y a des parents qui se sont mobilisés et ont monté un dossier pour créer une école à pédagogie active. Frédéric Chomé est un des membres du collectif Nespa: "L'idée, c'est de pouvoir offrir une école secondaire à des enfants qui ont fait un parcours dans une école à pédagogie active, comme Freinet ou Decroly, et qui souhaitent pouvoir poursuivre en secondaire". 

Le dossier est sur la table depuis 15 mois. Sans que rien ne bouge. Laurence Dermine est une des chevilles ouvrières: "Ce qui est difficile avec l'attente justement de la réponse de la ministre, c'est qu'on a lancé l'information sur ce projet et nous sommes suivis par 2500 parents qui attendent l'ouverture de cette école. Plusieurs enfants espéraient l'ouverture de cette école en septembre 2017, ce qui ne va pas être tenable vu les délais qui se raccourcissent. C'est ça qui est difficile vis-à-vis de toutes ces familles". Cet établissement prévoit de créer une école de six années secondaires en six ans, une année à la fois. 

A leur plus grande surprise, ils ont appris la mise sur pied d'un autre projet : le collège archiépiscopal Père Damien. Fernand Gillet est membre du Conseil d'administration: "Nous n'avons pas envie de faire une école complète à six années. Nous voulons faire un cycle d'observation autonome, c'est-à-dire les deux premières années." Ils misent sur d'autres atouts: "Nous voulons plusieurs axes. Nous voulons d'abord une école ouverte à tous. Sur Genappe, il n'y a pas que des enfants qui sortent d'écoles catholiques, il y a aussi des communautés musulmanes par exemple. Le deuxième axe, c'est une école basée sur la nature et ça, ce sont les sciences. Le troisième axe, c'est l'immersion en néerlandais. Et le quatrième axe qui pour nous est essentiel: il y a peu d'écoles qui sont proches des enfants en difficulté comme les dyslexiques, etc. Et nous voulons une école ouverte à ces enfants-là."

Retour à la guerre scolaire ? 

Dans le Brabant Wallon, 75% des écoles secondaires sont issues de l'enseignement catholique. De quoi remuer la hache de guerre entre les réseaux. Sylvie Lausberg est directrice du service "Etudes et Stratégie" au Centre d'action laïque: "Ce qui se joue ici est emblématique d'un déséquilibre convictionnel. C'est une liberté constitutionnelle de pouvoir choisir l'enseignement qui correspond à ses convictions. Si c'est l'école catholique qui obtient le permis de créer une école ici, on va aggraver ce déséquilibre." Le projet du collège Père Damien est soutenu par le Segec, le secrétariat général de l'enseignement catholique. Fernand Gillet se défend de remettre la guerre scolaire au goût du jour: "Si vous comptez sur moi pour entamer une guerre scolaire, ce n'est pas de ça dont les enfants de Genappe ont besoin". 

Le conseil général de concertation de l'enseignement secondaire doit rendre un avis dans la journée. Et c'est sur base de cet avis que la ministre de l’Éducation devra trancher. 

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