Forges de Clabecq: 20 ans après, certains attendent encore leur dû

400 travailleurs attendent toujours leurs indemnités de licenciement
400 travailleurs attendent toujours leurs indemnités de licenciement - © ERIC LALMAND - BELGA

En janvier 1997, la faillite des Forges de Clabecq, l’un des fleurons de l’industrie belge, était prononcée par le tribunal du Commerce de Nivelles. Les années se sont écoulées. Elles ont été émaillées en cela par de nombreux rebondissements judiciaires. Une partie des ex-travailleurs ont reçu leurs indemnités de licenciement. Mais pas tous. Et aujourd’hui, près de 400 de ces ex-cadres et employés ont donné rendez-vous aux représentants syndicaux pour obtenir quelques explications sur la longueur de ce dossier.

Près de 4000 créanciers

Près de 4000 créanciers étaient dénombrés lors du prononcé de la faillite. Des sous-traitants à l’ONSS en passant par les travailleurs licenciés et… les banques.

Il y a quelques années, les ouvriers licenciés ont touché leurs indemnités. Mais pour près de 400 ex cadres et employés, la situation n’est toujours pas réglée. "S’il est difficile de chiffrer de manière exacte ce qu’on leur doit encore, nous confie l’avocat Dominique Jossart, l’un des curateurs actuels de ce dossier, je peux confirmer qu’il y a quelques 12 millions d’euros à disposition."

Mais cet argent qui résulte, par exemple, de la vente des immeubles et des immobilisés ayant appartenu aux Forges, la curatelle ne veut pas encore y toucher.

"Nous sommes toujours en situation délicate vis-à-vis des banques. Nous estimons, nous, que cet argent revient en toute grande partie aux ex-cadres et ex-employés pour solder les indemnités qui leur sont dues. Bien sûr, c’est du brut et chaque situation sera calculée en fonction par exemple des années de travail effectivement prestées. Mais, si nous donnons cet argent maintenant alors que le conflit avec les banques n’est pas réglé, c’est un risque de devoir faire marche arrière d’ici quelques temps. Et ça, nous ne le souhaitons pas !", précise Dominique Jossart.

Selon lui, "rien n’est perdu. Il doit exister un système pour avoir gain de cause face à ce consortium de banques qui estime être dans son plein droit. Tout espoir n’est pas perdu."

Une autre piste : un terrain à Vilvoorde

Une autre piste pour récupérer encore de l’argent serait aussi de réussir une expropriation à Vilvoorde sur des terrains ayant appartenu aux Forges. "Ce terrain, une fois vendu comme terrain à bâtir apporterait encore pas mal d’argent pour finaliser notre travail. Mais là non plus, rien n’est fait."

Le curateur estime pourtant être près du but et lorsque ces deux grosses procédures seront terminées : le conflit d’avec les banques et l’expropriation réussie à Vilvoorde, alors là le dossier sera vraiment dans sa phase finale.

La patience semble à nouveau être le maître-mot de ce dossier fleuve aux multiples rebondissements.

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