Feu vert au contournement nord de Wavre, après des années de procédures: de nouveaux recours en vue?

En haut à gauche, le rond-point situé près de GSK dans le zoning nord. La nouvelle route traversera des zones agricoles et forestières pour rejoindre la N25 à Grez-Doiceau.
En haut à gauche, le rond-point situé près de GSK dans le zoning nord. La nouvelle route traversera des zones agricoles et forestières pour rejoindre la N25 à Grez-Doiceau. - © SPW

La nouvelle fera sans doute l’effet d’une bombe à Wavre et dans ses environs: la fonctionnaire déléguée du Brabant wallon vient d'octroyer le permis pour la construction du contournement nord de Wavre. Il s’agit d’aménager un tronçon de 3,5 kilomètres entre le rond-point de la Noire Epine à Wavre et la N25 à Doiceau, en passant par la chaussée de Louvain à hauteur des étangs de Gastuche. Un méga-chantier dont le coût avoisine les 27 millions d’euros. 

Ce contournement, dont on parle depuis la fin des années 70, est censé régler les problèmes de mobilité observés à Wavre en dissuadant les automobilistes de transiter par le centre-ville. Il doit aussi fluidifier le trafic dans le zoning nord où de nombreuses entreprises sont implantées (elles y emploient plus de 11.000 personnes), dont le géant pharmaceutique GSK.

Mobilité et développement économique

Pour les autorités communales, cette avancée est une bonne nouvelle. "Nous sommes cohérents, nous avons toujours défendu le principe de ce contournement, explique Françoise Pigeolet, bourgmestre de Wavre. Nous avions cependant émis une réserve : la nécessité d’accompagner ce contournement d’une voie cyclable. Pour le reste, il est essentiel que ce contournement prenne place pour nous permettre de développer le zoning nord".

Cela dit, pour la bourgmestre, le contournement doit s’accompagner d’autres travaux routiers, comme la construction d’un nouvel échangeur sur l’E411 à Bierges. C’est la combinaison de ces aménagements qui devrait améliorer le sort des automobilistes régulièrement coincés dans les embouteillages, à la sortie de l’autoroute notamment.

Stop au tout à la voiture

Mais dans ce dossier complexe et sensible, il faut s’attendre à de nouveaux rebondissements. Les nombreux opposants, riverains et associations environnementales, ne resteront sans doute pas sans réagir. Rappelons qu’au cours de l’enquête publique, 4.229 réclamations avaient été introduites, tant à Wavre qu’à Grez-Doiceau (une partie du tracé se trouve en effet sur le territoire de Grez-Doiceau).

Dans l'opposition au conseil communal de Wavre, Ecolo ne cache pas sa colère. "Nous sommes très fâchés, explique ainsi Christophe Lejeune. Les électeurs ont quand même donné un autre signal ce week-end. Là, on est reparti dans l'idée du tout à la voiture. Les routes de l'emploi, ce n'est pas forcément la voiture. Et ici on va goudronner une belle partie de la vallée wavrienne, ce qui est très dommageable. On espère donc que les recours qui vont être intentés et le prochain gouvernement wallon pourront faire quelque chose contre cette situation".

Grez-Doiceau est contre le contournement

Par ailleurs, si la ville de Wavre est favorable au contournement, la nouvelle majorité communale à Grez-Doiceau y est opposée. Elle avait fermement pris position contre le projet après les élections d’octobre 2018. Il ne serait donc pas surprenant qu’elle introduise elle aussi un recours contre l’octroi du permis.

"Il y a tellement d'éléments qui plaident contre ce contournement, explique le bourgmestre Alain Clabots, il y a tellement d'autres choses à faire qui seraient sans doute plus productives et qui amèneraient moins de nuisances. Ici, on va massacrer un paysage, on va massacrer l'esthétique de la vallée. Et on va surtout nous amener un flux de voitures dont nous débordons déjà aujourd'hui, à la fois dans Gastuche et dans le centre de Grez."

On l'a compris, malgré le permis fraîchement délivré, les travaux du contournement ne vont pas commencer de sitôt.

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