Eoliennes de Boneffe: Natagora et Plaine de Vie déposent un sixième recours au Conseil d'Etat

Parmi les oiseaux présents sur le site, ce busard des roseaux, photographié par Natagora.
Parmi les oiseaux présents sur le site, ce busard des roseaux, photographié par Natagora. - © Robin Gailly

Un nouvel épisode dans l’interminable saga des éoliennes de la plaine de Boneffe. L’association Natagora et le Comité Plaine de Vie annoncent qu’ils ont introduit un sixième recours devant le Conseil d’Etat.

Ce recours vise le permis accordé fin avril par le gouvernement wallon pour la construction d’un parc de neuf éoliennes de 150 mètres de haut réparties entre les territoires des communes d’Eghezée (cinq éoliennes), de Ramillies (deux éoliennes) et d’Orp-Jauche (deux éoliennes également).

Ce permis était le sixième concernant ce projet éolien d’Eneco initié il y douze ans déjà. Fin juin, la société avait annoncé que les travaux commenceraient en août, malgré la menace d’un nouveau recours. "Je pense qu’on a épuisé tous les sujets juridiques et on a été au fond des choses au plan scientifique, expliquait alors Arnaud Janvier, responsable du développement éolien chez Eneco. On pense que ce projet est l’un des meilleurs de Wallonie, neuf turbines dans une des plaines les plus venteuses de la région. On a besoin d’énergie, alors qu’on parle de transition énergétique et d’arrêt du nucléaire, il faut concrètement qu’on fasse les choses. C’est pour ça qu’on veut avancer et qu’on veut ces éoliennes pour fournir nos clients en énergie renouvelable."

En fait, des travaux avaient déjà été entamés en octobre 2019 avant d’être interrompus, le Conseil d’Etat ayant suspendu le permis octroyé précédemment. Le gouvernement wallon avait alors délivré un nouveau permis afin de régulariser la situation.

Mauvaise gestion politique?

Dans un communiqué diffusé ce mercredi, Natagora et Plaine de Vie ne sont pas tendres avec les autorités. 

"Véritable cas d’école de mauvaise gestion politique, ce dossier vire à l’absurde en entraînant une perte de temps et d’argent pour toutes les parties prenantes. Tout ce temps aurait pu être consacré à essayer de trouver une solution globale au problème éolien en Wallonie."

Natagora et Plaine de Vie s’opposent à ce projet car il menacerait plusieurs espèces d’oiseaux dont certaines sont protégées au niveau européen. Et l’aménagement par Eneco d’une zone de trente hectares pour favoriser la biodiversité, en compensation, est jugée très insuffisante.

"La seule façon de pouvoir concilier le développement éolien avec la protection de la nature, c’est de faire en sorte, en ce qui concerne les oiseaux typiques des plaines agricoles, qu’on puisse préserver un certain nombre de ces plaines, dans lesquelles on aura les garanties qu’il n’y aura jamais de développement éolien, afin de leur laisser cet habitat, explique Joëlle Piraux, de Natagora. Mais pour l’instant, il n’y a pas cette planification, il n’y a pas de stratégie au niveau régional. Donc, Natagora est obligée de réagir à tous les projets qui prennent place dans les plaines les plus intéressantes pour la biodiversité."

Archives JT du 20/02/2018 - Éoliennes à Boneffe : une quatrième fois non !

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