Encore une année faste pour le vignoble wallon, mais le record de 2018 ne sera pas battu

Le Domaine de Mellemont s'étend sur quatre hectares et compte 11.000 pieds, principalement du blanc.
2 images
Le Domaine de Mellemont s'étend sur quatre hectares et compte 11.000 pieds, principalement du blanc. - © Hugues Van Peel - RTBF

Le vignoble wallon connaît encore une excellente année. 2019 n’atteindra peut-être pas le niveau record de 2018, en raison des gelées qui ont touché certains domaines en avril, mais on n’en sera pas loin. Le raisin est d’excellente qualité et il y en a en quantité.

Au Domaine de Mellemont, par exemple, près de Perwez, entre 30 et 35.000 bouteilles devraient être produites cette année. C’est un peu moins que les 40.000 bouteilles de 2018, l’année de référence, mais nettement plus que les 23.000 bouteilles du précédent record qui datait de 2015.

"On est de nouveau face à une année que je qualifierais d’exceptionnelle, explique Pierre Rion, président de l’Association des Vignerons de Wallonie. Mais comme les années exceptionnelles se suivent, on finira par croire que c’est la norme."

Deux jours pour vendanger

Au Domaine de Mellemont, les vendanges auront lieu ce vendredi et ce samedi. Il y a quatre hectares (11.000 pieds) à ratisser en deux jours, ce qui représente entre vingt et trente tonnes de raisin. Une cinquantaine de bénévoles ont été recrutés pour l’occasion.

"Ce sont deux jours de travail intense, en flux tendu comme on dit dans l’industrie, poursuit Pierre Rion, qui est aussi co-fondateur et gestionnaire de ce domaine créé en 1993. La plupart des bénévoles n’ont jamais vendangé, il faut donc constituer des équipes. Une fois ramassé, le raisin est déposé dans des récipients qui sont collectés par des vendangeurs un peu plus jeunes, parce que c’est assez physique. De là, on amène les raisins au chai où ils sont triés, puis foulés avant d’être pressés et mis en fermentation."

Cette année, les vendanges ont lieu deux semaines plus tard qu’en 2018, mais elles restent assez précoces. "Les paramètres sont là, on a une belle acidité et on a un taux de sucre suffisant. Si on attend, on aura un taux de sucre plus élevé et une acidité moindre. Or il faut quand même un minimum d’acidité pour faire un bon vin. Par contre, on va gagner en maturité phénolique, les tanins vont se développer… Donc c’est un pari. Mais si nous laissons le raisin sur les pieds, on prend le risque d’avoir des maladies. La vigne n’est pas protégée par des produits, donc si les matinées sont plus humides, des champignons pourraient se développer et on devrait alors vendanger en catastrophe."

Un secteur d'avenir en Wallonie

En Wallonie, on dénombre environ 45 vignerons, quinze d’entre eux vivent de cette activité. 1,3 million de bouteilles ont été produites l’an dernier. Mais cela ne va faire qu’augmenter, car les surfaces cultivées (185 hectares aujourd'hui) sont en croissance constante. "Je pense que le secteur va doubler d’ici trois ans, pas une semaine ne passe sans que j’entende parler de nouveaux projets", se réjouit Pierre Rion.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK