Douze morts du Covid à la résidence Nos Tayons à Nivelles: une enquête épidémiologique pour tenter de comprendre ce qui s’est passé

Une enquête épidémiologique très fouillée est actuellement menée dans la maison de repos "Nos Tayons" à Nivelles, où un foyer d’infection au coronavirus (variants anglais et indien) a été détecté le 17 mai. Douze résidents sont morts en quelques jours, alors qu’ils avaient été vaccinés. Quatre autres personnes sont toujours hospitalisées, mais l’une d’elle va pouvoir rentrer ce lundi car son état s’est amélioré.

Pourquoi le Covid-19 a-t-il infecté autant de monde (environ la moitié des 121 résidents) et pourquoi a-t-il causé autant de morts, alors que la maison de repos avait été épargnée jusqu’à présent? Pourquoi un tel foyer alors que taux de vaccination est proche de 100% chez les résidents et avoisine les 73% au sein du personnel? L’enquête devra répondre à ces questions.

"Tout sera vraiment passé au crible, explique Lara Kotlar, porte-parole de l’AVIQ, l’Agence wallonne pour une Vie de Qualité. On veut vraiment une enquête à 360° pour comprendre ce qui a pu se passer là. C’est encore un cas isolé et on espère que ça le restera."

Tests sérologiques et PCR

Concrètement, les experts s’intéressent par exemple aux conditions dans lesquelles les vaccins ont été conservés et administrés, ainsi qu’à la mise en œuvre du plan d’urgence de la résidence. Des analyses de la qualité de l’air sont également réalisées, du matériel a été installé dimanche à cet effet.

"On va aussi faire un tracing plus poussé, pour savoir d’où peut venir le patient zéro et qui il a fréquenté. Par ailleurs, on continue à tester. Les résidents et le personnel vont subir un test sérologique aujourd’hui et on réalisera deux tests PCR par semaine jusqu’au moment où on n’aura plus de nouveaux cas."

A ce propos, les derniers tests PCR réalisés la semaine dernière ont donné des résultats encourageants. Parmi les résidents qui étaient négatifs jusqu’à présent, seuls deux ont cette fois été testés positifs (avec de légers symptômes) et isolés. Au sein du personnel, c’est encore mieux, plus personne n’est positif.

Regarder l'Euro

La maison de repos n’est pas encore tirée d’affaire, mais elle entrevoit donc le bout du tunnel après quatre semaines difficiles.

"On réussit quand même à communiquer avec les familles aux fenêtres ou via les balcons et le patio, explique Colette Delmotte, présidente du CPAS de Nivelles. Il y a donc quand même un contact visuel possible. Et si les analyses du CO2 montrent qu’il n’y a pas de virus dans l’air, on espère pouvoir déconfiner progressivement, surtout la partie où se trouvent les patients négatifs et le rez-de-chaussée où tout le monde va bien, pour qu’on puisse suivre l’Euro de football dans de bonnes conditions. C’est quand même aussi un moteur pour de nombreux résidents, c’est important pour remettre une certaine ambiance dans la maison de repos et apprendre à revivre normalement."

Par ailleurs, une assistance psychologique sera également proposée aux résidents qui le souhaitent.

"On a mis en place un suivi dès le 17 mai pour le personnel. Et dès ce mardi, nous aurons un suivi psychologique aussi pour nos résidents. Nous avons également fait une demande pour les familles et les personnes endeuillées."

Maison de repos: assouplissement des mesures (JT 08/06/2021)

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK