Docteur honoris causa: l'UCLouvain distingue notamment la première Française dans l'espace

Claudie Haigneré (à gauche), la première femme française dans l'espace, à côté du recteur et des deux autres personnalités honorées par l'UCLouvain, Barbara Moser-Mercer et Neil Turok
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Claudie Haigneré (à gauche), la première femme française dans l'espace, à côté du recteur et des deux autres personnalités honorées par l'UCLouvain, Barbara Moser-Mercer et Neil Turok - © Hugues Van Peel - RTBF

Abolir les frontières, jeter des passerelles entre les cultures et les continents, explorer de nouveaux espaces, c’est le point commun des trois personnalités mises à l’honneur ce lundi par l’UCLouvain qui leur décerne son titre de docteur honoris causa.

Cette année, les lauréats sont Barbara Moser-Mercer, professeure honoraire et ancienne directrice du Département d’interprétation de l’Université de Genève, qui travaille notamment à la formation d’interprètes dans les camps de réfugiés ; le professeur d’origine sud-africaine Neil Turok qui a mis en place un réseau d’instituts d’excellence pour améliorer l’accès à la formation scientifique en Afrique ; et enfin l’astronaute française Claudie Haigneré, ancienne ministre chargée de la Recherche, des Nouvelles Technologies et des Affaires européennes, aujourd'hui ambassadrice de l'ESA, l'Agence spatiale européenne.

"Ce sont trois passeurs, en quelque sorte, trois personnes qui ont une dimension internationale marquée, explique Vincent Blondel, recteur de l’UCLouvain. Ce sont aussi des acteurs qui sont allés au bout de leur rêve. Ils avaient des utopies et ils ont pu les accomplir. C’est donc un encouragement à tous de poursuivre ses rêves. On sent la passion qui les anime et cette volonté de transmettre et de poursuivre leurs rêves, c’est très inspirant pour l’université qui partage leurs valeurs."

L'espace, un rêve d'enfance qui devient réalité

Pour Claudie Haigneré, le destin s’est forgé dès l’enfance, il y a presque 50 ans. "Le 21 juillet 1969, j’avais 12 ans, j’étais en vacances en camping avec mes parents et j’ai passé à la nuit à regarder les premiers pas de l’Homme sur la lune. Et c’est probablement ce moment exceptionnel, qui était magique, du domaine du merveilleux, de l’impossible, du rêve qui devient réalité, qui m’a donné la force, et ensuite le courage, l’audace et l’envie de tenter l’aventure, le jour où l’opportunité s’est présentée".

Médecin rhumatologue et docteur en neurosciences, Claudie Haigneré fut en 1996 la première femme française (et la seule à ce jour!) dans l’espace, au sein de la mission Cassiopée, à bord de la station MIR. En 2001, c’est dans l’ISS qu’elle a passé un second séjour en orbite autour de la terre. Cette double expérience a modifié son regard sur notre planète et sur l’humanité.

"Le regard change parce qu’on a cette possibilité en observant par le hublot, à distance, de voir la terre défiler, les changements de saison, les impacts des catastrophes naturelles et des activités humaines. C’est ce qu’on appelle le overview effect, que tous les astronautes racontent. On se dit en fait qu’on est tous, chacun, membre de l’équipage du vaisseau terrestre. Et qu’il vaut mieux essayer d’agir pour construire et le préserver plutôt que d’agir pour le détruire. C’est donc un regard de conscience écologique sur une planète fragile, vulnérable. C’est aussi la conscience qu’il faut dépasser ses intérêts personnels et penser au bien commun, à l’intérêt général, à la prochaine génération. Donc soi-même on change. Et puis ensuite on a tellement porté le rêve des autres que le regard des autres sur vous vous fait changer aussi. Et alors vous endossez la responsabilité de monter sur les estrades et d’essayer de mettre en œuvre des projets, des choses inspirantes pour les plus jeunes, d’apporter une vision ambitieuse pour demain."

Voilà un discours qui résonnera certainement aux oreilles de ces milliers de jeunes, et de moins jeunes, qui ont manifesté ces dernières semaines pour réclamer des mesures efficaces de lutte contre le réchauffement climatique.

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