Dérapages et mauvais traitements lors de bleusailles à l'UCLouvain en 2017 et 2018, neuf personnes renvoyées en correctionnelle

La MAF (Maison des Athlètes francophones) avait été fermée après la révélation des faits qui s'y sont déroulés.
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La MAF (Maison des Athlètes francophones) avait été fermée après la révélation des faits qui s'y sont déroulés. - © Maïté Warland - RTBF

L’affaire avait fait grand bruit à Louvain-la-Neuve en novembre 2018: la fermeture d’un cercle étudiant à la suite de dérapages commis lors d’activités de bleusailles et de baptêmes. La justice a mené son enquête et on apprend ce vendredi que neuf personnes sont renvoyées devant la tribunal correctionnel du Brabant wallon.

De quoi devront-elles répondre? Les préventions sont lourdes: traitements dégradants (avec circonstance aggravante liée à la vulnérabilité de certaines victimes), traitements inhumains, coups et blessures volontaires et involontaires, attentats à la pudeur et non-assistance à personne en danger.

Huit prévenus étaient directement impliqués dans l’organisation des bleusailles et des baptêmes: président et vice-président de la MAF (Maison des Athlètes francophones), le cercle des étudiants en éducation physique et kinésithérapie, responsables du comité de baptêmes et comitards. Le neuvième individu poursuivi est un homme né en 1994 qui n’était pas étudiant à l’UCLouvain.

Les faits se sont déroulés en septembre et octobre 2017 et à la même période l’année suivante. C’est cette année-là, en 2018, que le scandale avait éclaté. La MAF expliquait alors que rien de grave ne s’était passé. Mais la justice pense manifestement le contraire, les charges sont suffisantes selon la chambre du conseil. Et quatre personnes se sont constituées parties civiles.

Protocole des baptêmes et encadrement renforcés

De son côté, l'UCLouvain prend acte de l'ordonnance de la chambre du conseil mais elle reste prudente et rappelle avoir immédiatement et fermement réagi à l'époque, en ordonnant la fermeture puis la dissolution de la MAF.

"Un renvoi en correctionnelle, ce n'est pas anodin, au contraire, souligne Philippe Hiligsmann, vice-recteur aux affaires étudiantes. C'est que la justice estime qu'il y a des faits possiblement fortement répréhensibles. On laisse donc faire la justice, mais de notre côté, nous avons renforcé l'ensemble des dispositifs pour pouvoir parer à toute éventualité, même si le risque zéro n'existe pas. On a révisé le protocole des baptêmes par exemple, on a aussi renforcé l'encadrement des étudiants et des cercles, avec la nomination d'une personne de confiance pour les baptêmes. C'est vers elle que peut se tourner toute personne qui s'estime lésée lors d'un baptême. Mais nous reviendrons à la charge lorsque l'animation étudiante reprendra. Nous réinsisterons sur les droits et obligations de chacune et chacun pour éviter des débordements de ce type qui sont inacceptables et que l'université ne peut tolérer."

Les prévenus ont maintenant quinze jours pour faire appel de leur renvoi devant le tribunal correctionnel.

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