Dépistage du coronavirus: débordés et fatigués, les médecins généralistes tirent la sonnette d'alarme

De nombreux médecins généralistes lancent un avertissement. Avec la fin des camps scouts et les retours de vacances, ils sont de plus en plus sollicités pour prescrire des tests de dépistage du coronavirus, alors qu’ils ont déjà beaucoup de travail. Cela génère de la fatigue et du stress. Exemple concret.

"Il y a un camp baladins qui est rentré vendredi, un membre du staff a été testé positif et d’un coup, en urgence, il a fallu tester tous les membres du staff et tous les enfants présents au camp, explique Eric Vincke, médecin généraliste et président du cercle des médecins généralistes d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, Court-Saint-Etienne et Bousval, en Brabant wallon. "Ensuite il a fallu fournir des certificats aux parents qui doivent du coup rester à la maison en télétravail pour s’occuper des enfants. Sans oublier, pour les enfants, les certificats pour les stages auxquels ils devaient participer les semaines suivantes. Tout cela génère énormément de charge administrative en plus."

Alors que la Belgique est confrontée à une augmentation importante du nombre de contaminations, certains généralistes se disent au bout du rouleau.

"Au niveau de la médecine générale, nous sommes passablement fatigués parce qu’il y a un rattrapage à faire sur tout ce que le confinement a provoqué en ce qui concerne le suivi des soins. Il y a aussi les cas aigus qui continuent. Et actuellement, on a beaucoup de consultations qui n’ont habituellement pas lieu d’être à cause du Covid, des symptômes mineurs pour lesquels les gens ne consultent pas habituellement mais pour lesquels ils sont obligés de consulter pour avoir un formulaire de prescription pour aller faire le test."

Faut-il se passer des généralistes pour le dépistage?

C’est précisément le rôle des généralistes dans la crise actuelle qui doit être revu de façon urgente et impérative, selon Eric Vincke, afin de permettre un accès plus facile et plus rapide aux tests. Faute de quoi, en septembre, avec la rentrée des classes et le retour des virus saisonniers, les médecins risquent de se retrouver noyés.


►►► Lire aussi : testing en Belgique : des capacités existantes, mais dormantes, et qui ne sont encore pas tout à fait opérationnelles


"Tant qu’on demandera aux médecins de générer la prescription des frottis, nous serons sollicités de façon excessive. Il suffit de se référer aux critères de Sciensano et aux critères de retour de vacances et autres. C’est assez facile de savoir que tel patient présente un symptôme majeur ou deux symptômes mineurs, que tel autre patient revient d’une zone orange ou a été en contact avec une personne à risque. Un administratif ou un paramédical peut le faire, en mentionnant simplement le nom et la référence Inami du médecin pour que le médecin traitant soit informé des résultats pour le suivi. Cela soulagerait des heures de travail par jour pour les généralistes."

Archive du 29 juillet 2020

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK