Coronavirus: le centre sportif de LLN fermé, où les sportifs de haut-niveau vont-ils s'entraîner pour les JO?

Dans le respect des décisions du Conseil national de Sécurité concernant le coronavirus (Covid-19), le centre sportif du Blocry à Louvain-la-Neuve a fermé ses portes ce vendredi soir pour trois semaines. Et cela inquiète les nombreux sportifs de haut-niveau qui ont l'habitude de s'y entraîner en prévision des prochains Jeux olympiques. Pour eux, il est inconcevable d’arrêter les entraînements si longtemps, ils réclament donc une dérogation.

"Même une semaine sans entraînement, ce n’est pas possible, explique l’ancien judoka Cédric Taymans, qui dirige aujourd’hui la Fédération francophone de Judo. Les judokas qui préparent les JO, ce sont des professionnels, ils ont deux entraînements par jour minimum. Le haut-niveau, c’est comme un travail. J’espère qu’on aura vite des nouvelles rassurantes pour qu’on puisse quand même s’entraîner ici avec dérogation." 

"C’est une situation catastrophique, enchérit Jacques Borlée, l’entraîneur du relais 4x400 mètres. Pour les athlètes d’élite, le sport n’est pas du récréatif. Quand vous faites du haut-niveau, vous vous entraînez une ou deux fois par jour. Le seul jour où vous vous reposez, c’est le dimanche. Donc c’est d’une grande intensité et vous ne pouvez pas vous permettre d’avoir quelques jours de congé. C’est une situation qui nous met énormément en difficulté. En plus de cela, au niveau mental c’est assez compliqué. On ne sait pas très bien si les Jeux olympiques vont être retardés ou reportés à 2021 ou 2022. On n’est pas très bien concentré sur ce qu’on a à faire. J’espère qu’on va retrouver une situation calme le plus vite possible."

Quelles alternatives?

La situation est d’autant plus dommageable que les athlètes disposent à Louvain-la-Neuve d’installations dernier cri. La piste d’athlétisme indoor a été inaugurée l’an dernier, ce serait dommage de s’en priver.

"Si ça arrive, on essaiera de trouver d’autres solutions, au Luxembourg par exemple, explique Julien Watrin, l’un des relayeurs du 4X400 mètres. On a bientôt un stage en Turquie, on essaiera peut-être de partir plus tôt. C’est clair que ce sont difficultés mais on comprend que des mesures soient prises."

Ne pas se mettre la pression

Le coronavirus ne laisse personne indifférent. Loin de céder à la panique, Julien Watrin reconnaît que ce sujet le préoccupe.

"C’est clair qu’on se pose des questions et que ça travaille un peu pendant la nuit. Mais c’est bien d’être un groupe, une équipe, pour ne pas tout prendre sur soi. On discute beaucoup entre athlètes pour voir ce qu’on peut faire dans les prochaines semaines, ça aide à ne pas se mettre trop de pression."

Mais le coronavirus pose aussi un autre problème, relevé par Jacques Borlée. "Ce qui va être difficile, c’est de trouver des compétitions nécessaires pour pouvoir faire les minima. Mais je pense qu’on trouvera des solutions. Il faut rester calme, les pieds sur terre et faire en sorte de bien se préparer".

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