Coronavirus: cours à distance et mémoire à rédiger, les étudiants vivent parfois des heures difficiles

Plus question de travailler à la bibliothèque ou d'assister aux cours dans les auditoires, les étudiants sont priés de rester chez eux et de travailler à distance.
Plus question de travailler à la bibliothèque ou d'assister aux cours dans les auditoires, les étudiants sont priés de rester chez eux et de travailler à distance. - © Tous droits réservés

Cette année académique laissera sans doute un goût bien amer à beaucoup d'étudiants. Les cours à distance, en période de coronavirus (Covid-19), c’est mieux que rien, mais cela ne remplacera jamais le contact direct avec le professeur. Et si la plupart s’adaptent à la situation, ils sont tout de même nombreux à s’interroger sur la fin de l’année qui se profile: seront-ils aussi bien préparés pour affronter les examens?

Charline est étudiante en marketing à l’EPHEC à Louvain-la-Neuve. Ce sont principalement les cours de langues qui l’inquiètent.

"Je suis quasiment sûre que ma formation ne sera pas aussi bonne, explique-t-elle. Les professeurs nous envoient juste des travaux, ensuite ils nous envoient des corrections, mais on n’a aucun cours avec eux, donc on ne pratique pas à l’oral. Sachant que c’est quand même 30% de notre cotation en juin, c’est compliqué. Et je sais que je ne suis pas la seule dans le cas."

Il y a aussi les travaux collectifs, difficiles à réaliser. Réunir le groupe "à distance", partager les documents, échanger, tout cela demande beaucoup d’organisation, pour un résultat pas toujours à la hauteur des espérances.

Du temps perdu

Pour Barbara, la préoccupation est un peu différente. Elle termine ses études de bioingénieur (aménagement du territoire) à l’UCLouvain, elle est plongée dans la rédaction de son mémoire et le confinement lui pose problème.

"Idéalement, je devrais pouvoir bouger pour aller faire des relevés de terrain et aller vérifier que ma modélisation est correcte, puisque je fais de la modélisation et de la cartographie. Du coup je dois trouver des solutions. Ce qui est embêtant, c’est que j’ai perdu à peu près une semaine pour installer tous les programmes sur mon ordinateur personnel et me procurer les accès à tous les serveurs. Normalement, j’allais en salle informatique pour faire mon mémoire puisque là, les ordinateurs sont beaucoup plus puissants. Donc pendant une semaine, je n’ai pas su travailler puisque je n’avais accès ni à mes données ni à mon logiciel."

Et une semaine perdue, c’est loin d’être négligeable. Barbara compte sur la clémence de ceux qui devront juger la qualité de son travail.

"Je suis assez déçue parce que je me dis que mon mémoire va être moins précis et je vais avoir moins de temps pour le faire, en plus dans des conditions qui sont moins bonnes. On ne peut pas aller voir son promoteur en direct pour lui poser une question, il faut lui envoyer un mail, attende qu’il réponde. On peut aussi faire une vidéoconférence mais avec le wifi, ça bugge aussi parfois, c’est un peu compliqué. J’espère que les jurys prendront ça en compte lors de la cotation."

Discipline et travail quotidien

Dans cette période très incertaine, Charline et Barbara tentent de rester zen, ce qui est loin d’être facile. Dans leur kot, les deux étudiantes s’imposent une certaine discipline et résistent aussi comme elles le peuvent à la tentation de l’oisiveté.

"En temps normal, on va à tous les cours, on est vraiment présentes au quotidien, explique Barbara. Heureusement qu’on a déjà cette discipline de se lever le matin à une heure décente et de commencer à bosser par nous-mêmes. Mais la tentation est quand même très forte parce qu’on est chez soi, dans sa chambre ou dans son salon, on n’est pas en bibliothèque ou dans un auditoire avec d’autres élèves qui nous surveillent."  

Sujet du 23/03/2020 - Universités francophones : cours à distance jusqu'à la fin de l'année