Coronavirus : chute des réservations et fermetures temporaires, le secteur hôtelier vit des heures difficiles en Brabant wallon

Parmi les secteurs qui souffrent beaucoup des mesures visant à limiter la propagation du coronavirus, il y a les hôtels. En Brabant wallon, le nombre de réservations a considérablement diminué ces dernières semaines, alors qu’on avait observé une reprise encourageante durant l’été, en raison notamment du succès des courts séjours "près de chez soi".

Aujourd’hui, le taux d’occupation est parfois inférieur à 10%, ce qui a contraint certains établissements à prendre des mesures radicales. Ainsi, le groupe Cayman, propriétaire de deux hôtels en Brabant wallon, à Wavre et Waterloo, a fermé le Novotel de Wavre (après l’avoir rénové à grands frais en 2019), en attendant des jours meilleurs.

"Wavre et Waterloo sont des hôtels qui tournent majoritairement autour de ce qui est business international et séminaires, explique Patrick Van Ex, directeur commercial. Cette demande-là est relativement forte en temps normal. Le problème, c’est que les grosses entreprises internationales interdisent les voyages. Notre clientèle de base a donc disparu. En plus, à Wavre, on compensait avec la saison de Walibi et un peu de tourisme pour les week-ends et les vacances scolaires, ce qui a aussi disparu. Donc, on se retrouve avec plus rien comme fonds de commerce. On n’a pas eu d’autre choix que de fermer Wavre. On fait en sorte de pouvoir passer l’hiver et reprendre des couleurs à partir du printemps de l’année prochaine."

Pas un cas isolé

Et le groupe Cayman n’est pas le seul dans cette situation. Même le puissant groupe Martin’s Hotels, qui gère plusieurs établissements en Brabant wallon (530 chambres et apparts-hôtels dans la province), a dû se résoudre à réduire la voilure : le Grand Hôtel de Waterloo et le Martin’s Waterloo sont fermés temporairement, tandis que le Château du Lac à Genval sera fermé du lundi au jeudi jusqu’à la fin du mois de novembre.

"On a connu trois ou quatre crises dans les dernières décennies, liées par exemple au terrorisme ou à ce volcan qui avait explosé, rappelle Olivier Meulemans, directeur marketing du groupe Martin’s Hotels. On a parfois été impacté avec des pertes de 10 à 15% du chiffre d’affaires, ce qui était déjà catastrophique pour nous. Mais aujourd’hui, on est parfois à -80 ou -90% selon les destinations et les périodes. Cela demande des mesures exceptionnelles. Le côté positif, c’est que ça nous a forcés à rebondir et à nous réinventer, à trouver des solutions en termes d’organisation, d’opération, de communication, de distribution et de vente. Et bien sûr, financièrement, on a dû couper énormément de dépenses et recapitaliser l’entreprise."

La confiance, malgré l’incertitude

Heureusement pour lui, ce groupe hôtelier dispose d’autres établissements en Brabant wallon où il peut orienter sa clientèle, à Louvain-la-Neuve par exemple. Par ailleurs, certains hôtels, comme le Martin’s Red à Tubize, fonctionnent plutôt bien malgré la crise sanitaire, grâce à une clientèle de sportifs.

Le pire pour ce secteur, comme pour tout le monde, c’est évidemment l’incertitude, l’absence de perspectives. Mais les hôteliers restent confiants. Ils sont persuadés que les affaires finiront par reprendre progressivement. Peut-être faudra-t-il tout de même deux ou trois ans pour retrouver un niveau d’activité similaire à celui d’avant la crise sanitaire.

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