Chastre: la quantité de déchets a fortement diminué avec les poubelles à puces

Deux conteneurs différents à Chastre, pour les déchets organiques et pour les déchets résiduels
Deux conteneurs différents à Chastre, pour les déchets organiques et pour les déchets résiduels - © Hugues Van Peel - RTBF

En optant pour les poubelles à puces en janvier 2016, la commune de Chastre a voulu responsabiliser ses habitants. Plus lourdes sont leurs poubelles, plus ils payent. Aujourd’hui, les autorités communales se félicitent d’avoir pris cette décision. Les Chastrois sont plus attentifs à ce qu’ils jettent. Et du coup, le volume des déchets a considérablement diminué.

"Globalement, la production de déchets a baissé de 27%, se réjouit Jean-Marie Thiry, conseiller communal et président du comité de suivi des poubelles à puces. Un gros effort a été fait et on ne peut que féliciter les Chastrois d’être bien rentrés dans le système".

Auparavant, tous les déchets ménagers étaient envoyés à l’incinérateur: 132 kilos par an et par habitant. Aujourd’hui, les détritus sont triés, le résiduel d’un côté, l’organique de l’autre. Au total, cela représente 96 kilos, dont 25 kilos de déchets organiques qui sont recyclés dans une unité de biométhanisation. "Cela veut donc dire que la part des déchets qui part à l’incinération a baissé de 46%! ", explique encore Jean-Marie Thiry.

Faire encore mieux

Grâce aux poubelles à puces, les Chastrois sont désormais parmi les meilleurs élèves en matière de production de déchets (la moyenne wallonne est de 159 kilos). Mais ils pourraient faire encore mieux. La commune les encourage ainsi à composter directement chez eux, quand c’est possible, plutôt que de remplir leur poubelle de déchets organiques.

"On voit qu’il y a un ménage sur trois environ qui n’utilise pas son conteneur réservé aux déchets organiques et qui composte à la maison, explique Nicolas Servais, éco-conseiller. Ce qui veut dire que deux ménages sur trois peuvent faire des efforts en la matière, pour autant bien sûr qu’ils aient un jardin. Des composts collectifs existent aussi dans certains quartiers".

Etendre le système ?

Inspiré par l’expérience chastroise, Ecolo Brabant wallon suggère aux 26 autres communes de la province d’opter à leur tour pour le système des poubelles à puces. "Si tout le Brabant wallon suivait la même évolution, explique Ecolo, les déchets résiduels représenteraient moins de 50 000 tonnes par an", ce qui permettrait à l’Intercommunale du Brabant wallon de se passer de l’un des deux fours de l’incinérateur de Virginal. Pour les Verts, le non-remplacement de ce four en fin de vie permettrait à l’IBW de réaliser une belle économie.

Bonne idée? Pour l’IBW, le tri des déchets, c’est le sens de l’histoire. Mais fermer l’un des deux fours est un mauvais calcul. "L’incinérateur de Virginal ne pourrait pas fonctionner avec une seule ligne de four, explique Baudouin le Hardy de Beaulieu, directeur général de l’intercommunale. Une seule ligne, ça veut dire des arrêts relativement fréquents pour des entretiens ou des réparations en cas de pannes, ce sont des outils assez fragiles. Que ferait-on des déchets quand cette ligne serait à l’arrêt ? Et quoi qu’il arrive, même en retirant les déchets organiques sur la totalité des habitants du Brabant wallon, avec l’augmentation de la population prévue dans la province, nous aurons toujours besoin d’une capacité d’incinération d’environ 100 000 tonnes. Rappelons aussi que depuis cette année, nous devons accueillir sur nos parcs à conteneurs les déchets des PME. Cela pourrait faire entre 12 et 15 000 tonnes supplémentaires. Donc, nous devons rester prudents et maintenir une capacité d’incinération suffisante, pour garder en Brabant wallon une autonomie de traitement des déchets".

Le directeur de l'IBW dément par ailleurs le chiffre de 50 millions d'euros avancé par Ecolo pour le remplacement du four en fin de vie. "50 millions, c'est quand on part de zéro et qu'on veut construire un nouvel incinérateur. Nous avons un incinérateur. La remise à niveau de notre outil coûtera beaucoup moins cher. D'ailleurs, c'est un travail permanent".

Les explications de Jean-Marie Thiry, conseiller communal de Chastre, au micro d'Hugues Van Peel

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