Braine-l'Alleud: SODEWA demande un permis d'extension

Des dizaines de camions viennent déverser des terres d'excavation chaque jour sur le site.
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Des dizaines de camions viennent déverser des terres d'excavation chaque jour sur le site. - © S. Vandreck

La société SODEWA exploite depuis 2016 la sablière du Bois du Foriest à Braine-l'Alleud. Elle y accueille les terres de d'excavation en provenance de chantiers de la région, qui viennent petit à petit combler le grand trou laissé par l'extraction du sable. Les camions défilent toujours plus nombreux sur ce site de 32 hectares, dont la société en exploite aujourd'hui 23. "Nous avions tablé au départ sur 150.000 mètres cubes par an, qui était la quantité que nous avions atteinte dans notre centre d'enfouissement technique précédent, toujours à Braine-l'Alleud. Or le site se remplit deux fois plus vite que prévu. C'est affolant", constate Jean Putmans, l'administrateur délégué de SODEWA. Les chantiers de construction ont en effet repris dans la région après la crise de 2008. La société a donc introduit une demande de permis pour pouvoir accueillir deux millions de mètres cubes supplémentaires.

Protection de la biodiversité vs limitation des émissions de CO2

Pour réaliser cette extension, et pouvoir accueillir des terres jusqu'en 2027, SODEWA devrait exploiter la seule partie encore préservée de la sablière. Or elle présente un grand intérêt écologique. L'exploitant reconnaît cet intérêt: il proposer de reboiser les remblais une fois comblés, comme il l'a fait sur le site précédent. "Je ferai tout pour que cela redevienne une zone verte", insiste-t-il. Il avance aussi un autre argument d'ordre environnemental: "Il n'y a pas assez de centres d'acceptation des terres en Wallonie, explique-t-il. Selon les études que nous avons réalisées, nous devrions les envoyer à Chaumont-Gistoux ou même Tournai. On parle de dizaines de milliers de tonnes de CO2 supplémentaires. Il faut dire que 90% du flux qui rentre actuellement ici vient d'un rayon de vingt kilomètres". Pour les naturalistes, il serait pourtant dommage de sacrifier un des cinq plus beaux sites de la province en terme de biodiversité. "Une fois que la sablière sera remblayée, l'ensemble de la végétation risque de disparaître, s'inquiète Julien Taymans, président de Natagora Brabant wallon. C'est notamment le cas d'orchidées, qui sont impossibles à ressemer ou replanter, qui ont besoin de conditions écologiques particulières, qui sont difficiles à recréer".

Une étude d'incidence en cours

Le Brabant wallon comptait près de 80 sablières en activité il y a encore 40 ans. La plupart ont été remblayées ou transformées en décharge. "Il reste effectivement peu de sites disponibles pour ce genre d'enfouissement. Il faudrait qu'une étude régionale soir lancée pour définir les priorités à ce niveau-là", suggère Julien Taymans. Le cas de la sablière du Bois du Foriest n'est pas encore tranché. On n'en est encore au stade de l'étude d'incidence. Si tout se déroule dans les délais prévus, l'enquête publique devrait démarrer à la fin de l'hiver. Elle portera sur cette extension et sur la régularisation de la quantité de terres admises chaque jour sur le site. Avec 1250 tonnes au lieu des 550 tonnes quotidiennes autorisées, la société SODEWA est en effet aujourd'hui en infraction.

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