Bonne nouvelle pour les centres de revalidation des animaux sauvages

Les Creaves, bientôt soulagés?
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Les Creaves, bientôt soulagés? - © sbo@rtbf.be

Les Centres de Revalidation des Espèces Animales Vivant naturellement à l'Etat Sauvage, les CREAVES, vont d'ici peu recevoir une double bonne nouvelle de la part du ministre régional René Collin en charge, entre autre, de la Nature.

Régis par un arrêté ministériel datant de 1997, ces centres réclament depuis des mois déjà que les pouvoirs publics prennent leur sort au sérieux. Ils craignent que d'ici cinq ans les Creaves ne soient en voie de disparition.

A Bousval, commune de Genappes, le propriétaire de l'asbl l'Arche, et du Creaves qui en dépend, refuse systématiquement depuis plusieurs jours d'accepter de nouveau pensionnaires. Il n'a toujours pas reçu son subside de 2016. "Pas plus tard que la semaine dernière, nous explique Bernard Daune, j'ai encore dû refuser deux hérissons que l'on me demandait de prendre en charge suite à des blessures. J'ai dû refuser. Et si je n'avais pas l'activité de mon asbl l'Arche, je serais vraiment en difficulté pour faire fonctionner mon Creaves."

C'est un travail de bénévole, mais surtout de passionné

L'homme connait bien le sujet. Depuis 47 ans il vit dans le monde animal et se dévoue 24 heures sur 24 à la cause. "C'est un travail de bénévole, mais surtout de passionné. Et nous devons être entendus par les pouvoirs publics pour qui par ailleurs, nous remplissons une réelle mission de service public".

Bernard Daune n'a pas tout à fait tord. Qui, mis à part ces bénévoles des Creaves, parfois très âgés au demeurant, accepterait de se réveiller en pleine nuit lorsque les pompiers, la police de la route ou même parfois les unités anti-braconnage viennent déposer un chevreuil blessé, un sanglier mal en point ou un putois abandonné par son propriétaire?

"Pas les agents de la Division Nature et Forêts (DNF)  qui ont déjà fort à faire", nous certifie Nathalie. Cette enseignante a eu auparavant un Creaves dans la région de Wéris. Elle a stoppé cette activité pour raison familiale mais depuis dix ans, elle vient donner un coup de main à Bernard.

Pouvoir relâcher les animaux dans la nature

"Ce que nous souhaitons c'est avant toute chose de recevoir les subsides promis en temps et heure. Pour le moment, les dossiers traînent et nous mettent dans l'embarras même si cela ne nous empêche pas de soigner et de nourrir nos pensionnaires correctement. Mais ce que nous demandons surtout, explique encore Nathalie, c'est d'obtenir l'autorisation de pouvoir relâcher les animaux sauvages dans leur milieu naturel une fois qu'ils sont soignés et ont repris vigueur. Il n'est pas normal que les renards se jettent sur leur cage alors qu'ils pourraient très bien retrouver les forêts des alentours."

"Mais voilà, les chasseurs s'y opposent et ils ont l'arrêté ministériel de 97 avec eux. Il faudrait juste enlever les mots 'exception gibier' de cet arrêté et le tour serait joué, continue Bernard. Nous gagnerons en charge de travail et on rendrait ces animaux une fois la santé retrouvée à leur milieu naturel.

Création de deux nouveaux Creaves

Visiblement, le ministre wallon René Collin, déjà interpellé sur la question au Parlement wallon, a reçu le message. Il vient d'abord d'accorder une autorisation pour deux nouveaux Creaves qui s'occuperont principalement des chauves-souris et des hérissons à Jumet et à Bertrix. "La preuve que j'ai encore du budget et que j'accorde l'importance nécessaire à ces Creaves qui, je le sais, ne vivent que grâce au dévouement de leurs bénévoles dit le Ministre. Mais, chaque euro public doit être justifié et contrôlé. Voilà pourquoi cela prend un peu de temps pour liquider les subsides. Mais un effort doit en effet être fait pour accélérer les procédures. Et puis j'ai proposé une modification de l'arrêté en stipulant qu'à l'avenir il y aurait possibilité pour les Creaves d'accueillir des animaux classés 'gibier' et de pouvoir les relâcher dans leur milieu naturel pour autant que les agents de la DNF en soient informés, marquent leur accord et que les propriétaires des chasses ou réserve naturelles le soient aussi."  

Le nouvel arrêté pourrait être d'application à l'automne prochain.

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