Bilan des fouilles à la ferme d'Hougoumont: 900 objets découverts mais pas d'ossements

Des fouilles archéologiques ont lieu depuis dix jours à la ferme d’Hougoumont à Braine-l’Alleud. Cette ferme a joué un rôle crucial dans le déroulement de la bataille de Waterloo en 1815. Malgré de puissants assauts, les Français ne sont jamais parvenus à déloger les alliés qui tenaient ce poste avancé. Les fouilles doivent permettre d’améliorer la compréhension des événements. Les archéologues étaient déjà venus trois jours en avril. Ils sont donc de retour en plus grand nombre et avec des moyens d’excavation plus lourds.

Les fouilles se concentrent notamment sur la killing zone, une bande de terre qui longe le mur d’enceinte de la ferme d’Hougoumont. A découvert à cet endroit, des centaines de soldats français y ont été tués. Les archéologues sont persuadés que les corps ont été enterrés dans des fosses communes, mais ils n’ont toujours pas trouvé le moindre ossement.

"Pour trouver ces fameux charniers, il va falloir effectuer plusieurs tranchées entre le mur et l’ancien bois, explique Dominique Bosquet, archéologue au Service public de Wallonie. C’est la seule méthode qui pourrait donner des résultats. Les prospections géophysiques réalisées par l’Université de Gand n’ont pas permis de mettre en évidence ce genre de faits archéologiques".

Des balles françaises dans le jardin

Les archéologues n’ont pas trouvé de restes humains, mais ils ont tout de même fait des découvertes intéressantes. Environ 900 pièces métalliques ont été sorties de terre, dont un grand nombre de balles qui aident à comprendre le positionnement des soldats.

"La grosse surprise, c’est qu’on a retrouvé la preuve de tirs français dans le jardin, ce dont aucun récit historique ne fait mention, poursuit Dominique Bosquet. Il semble assez évident que les Français ont pu prendre appui sur le dessus du mur pour canarder les Anglais dans le jardin, ce qu’on ignorait totalement". Ce sont des balles françaises retrouvées dans le jardin, à une courte distance du mur, qui ont permis d’échafauder ce scénario avec certitude.

Outre les charniers et les pièces métalliques, les archéologues cherchent également la trace d’éléments paysagers aujourd’hui disparus, comme un fossé, une haie, un chemin et un bois, qui ont joué un rôle crucial dans la progression des troupes et le déroulement des combats.

Des fouilles internationales

Cette campagne de fouilles est organisée à l’initiative de plusieurs universités britanniques, hollandaise et belge, dans le cadre du projet Waterloo Uncovered. L’armée britannique y participe également, ainsi que le Service public de Wallonie. Les recherches s’achèveront vendredi mais reprendront ultérieurement, à Hougoumont et à d’autres endroits du champ de bataille, notamment autour de la ferme de la Haie sainte où d’intenses combats ont eu lieu le 18 juin 1815.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK