Bientôt des navettes autonomes à Louvain-la-Neuve? La ville attend les subsides de la Région wallonne pour tester le système

Voici à quoi pourrait ressembler la future navette que la ville veut expérimenter à Louvain-la-Neuve.
Voici à quoi pourrait ressembler la future navette que la ville veut expérimenter à Louvain-la-Neuve. - © Ville d'Ottignies-Louvain-la-Neuve

La ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve veut tester les navettes autonomes. Elle a répondu à un appel à projets de la Région wallonne pour expérimenter le concept sur deux tracés différents à Louvain-la-Neuve.

Le premier tracé partirait de la gare de Louvain-la-Neuve en direction du China Belgium Technology Center (CBTC) situé le long de la N4, en passant par le parc scientifique de l’UCLouvain. Ce serait donc un itinéraire fixe, pour une navette autonome, avec tout de même un opérateur à bord pour régler les problèmes éventuels. Le second tracé serait variable, il changerait en fonction des demandes formulées par les utilisateurs via une application et c’est plutôt un mini-bus avec chauffeur qui assurerait cette liaison.

Pour tester de futures solutions de mobilité

Si la ville obtient les subsides demandés (250.000 euros), elle lancera le projet l’an prochain. Mais attention, il n’est pas question d’une nouvelle offre de transport. Il ne s’agit pas de ce système de navettes inter-quartiers dont plusieurs partis ont parlé lors de la campagne pour les élections communales. Dans l’immédiat, ces navettes high-tech ne seront donc pas là pour soulager le trafic ou pour desservir des zones qui ne sont pas desservies aujourd’hui par les transports en commun. On est plutôt dans l’expérimentation de potentielles futures solutions de mobilité.

"On teste des technologies, on essaye de faire avancer la frontière technologique et pour y arriver, on doit faire des pilotes en situation réelle, explique David Da Camara, échevin de la Mobilité à Ottignies-Louvain-la-Neuve. Donc il y aura vraiment un véhicule, les gens pourront monter dedans, mais pour une durée limitée, le temps d’accumuler de la compétence. On ne va pas pouvoir maintenir ce système et ajouter cette offre à l’offre standard des transports en commun demain. C’est vraiment un test."

Un projet ambitieux

Ce test ressemblera donc à ceux effectués l’an dernier à Han-sur-Lesse et sur le champ de bataille de Waterloo (voir vidéos) par l’Institut VIAS, avec tout de même quelques différences notables.

"A Han-sur-Lesse et Waterloo, on travaillait sur des périodes de trois à quatre mois, alors qu’ici on est parti sur des tests qui vont durer, nous l’espérons, plusieurs années, explique Jean-François Gaillet, le directeur en charge de l’innovation à l’institut VIAS, partenaire du projet. Et on s’adresse aussi à une communauté différente. A Han-sur-Lesse et Waterloo, on était sur deux sites touristiques tandis qu’ici, il y a de l’activité professionnelle et beaucoup d’étudiants. On essaie aussi d’intégrer différents quartiers. Donc le projet est beaucoup plus ambitieux."

Ce projet suscite un certain enthousiasme. Plusieurs institutions le soutiennent, comme la Province du Brabant wallon, les TEC, l’UCLouvain et l’Intercommunale du Brabant wallon. Même les communes voisines de Wavre et de Mont-Saint-Guibert ont marqué un intérêt. Mais la première étape, pour le concrétiser, ce sont les subsides wallons. Sans eux, le projet ne verra pas le jour. La réponse devrait tomber dans les prochaines semaines.

Il reste de gros obstacles

Cela dit, même si le test se révèle concluant au bout du compte, il faudra patienter longtemps avant de voir ces navettes circuler. Il reste encore de sérieux obstacles à franchir. "Il y a encore des problèmes technologiques à régler, précise Jean-François Gaillet (Institut VIAS). En outre, pour l’instant, ces véhicules sont des prototypes, ils ne sont pas homologués. Enfin, il faudra aussi que la population s’habitue à circuler dans des véhicules pilotés uniquement par de l’électronique. C’est aussi un grand changement au niveau de la perception".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK