Bicentenaire de la mort de Napoléon: le Mémorial 1815 inaugure une exposition exceptionnelle sur l'exil de l'Empereur et sur sa légende

A l’occasion du 200e anniversaire de la mort de Napoléon, le Mémorial 1815 inaugure une exposition consacrée aux dernières années de l’Empereur, depuis sa défaite à Waterloo jusqu’à sa mort en exil, le 5 mai 1821. Durant cette période, à Sainte-Hélène, loin de tout mais entouré de quelques fidèles, Napoléon forge sa légende, faite d’ombre et de lumière. Il dicte ses souvenirs et donne sa version de l’Histoire.

"Cette exposition, c’est le lien qui manquait et qui permettra au public de comprendre en quoi Napoléon est important, même s’il y a des débats qui agitent encore nos sociétés européennes, explique David Chanteranne, commissaire de l’exposition. Napoléon est important parce qu’il incarne un moment de basculement entre l’Ancien Régime qu’on connaissait auparavant et le monde contemporain."

Une centaine d'objets rares

La première partie de l’exposition emmène les visiteurs du champ de bataille de Waterloo à la route de l’exil. Elle regroupe différentes pièces ayant appartenu à Napoléon, comme un bicorne porté en 1815, un ceinturon, des décorations, un manuscrit signé de la main de l’Empereur. Des pièces d’une qualité exceptionnelle, fort bien mises en valeur.

Ensuite, l’exposition dévoile le quotidien d’un homme sur son caillou perdu dans l’océan. Pour fuir la mélancolie, Napoléon s’adonne au jardinage et s’autorise quelques promenades. Même loin des palais dorés, l’Empereur déchu tente de maintenir une certaine étiquette de cour. On découvre ici quelques effets personnels, des vêtements, des objets de tous les jours comme une carafe et une cafetière. Une pièce retient l’attention, la baignoire que Napoléon utilisait à Saint-Hélène.

Plus loin, l’exposition évoque les mémoires de Napoléon et l’empreinte qu’il a laissée dans l’Histoire, jusqu’à nos jours.

"Il faut se rappeler notamment que Napoléon est l’homme qui installe le code civil, poursuit David Chanteranne. Le mètre, le litre, le kilogramme, c’est à lui qu’on les doit, tout comme le fait de rouler à droite et la numérotation des maisons paires et impaires. Il a donc insufflé des éléments de notre vie quotidienne."

Enfin, l’exposition revient sur la mort de l’Empereur qui l’élève au statut de figure mythique. Cette dernière partie évoque notamment le retour du corps de Napoléon en France en 1840 et son inhumation aux Invalides à Paris. Un masque mortuaire et une mèche de cheveux enfermée dans un reliquaire impressionneront sans doute les plus jeunes visiteurs.

Faire revenir le public

Cette exposition d’objets rares, issus de grandes institutions et de collections privées, donne assurément un supplément d’âme au Mémorial 1815, inauguré juste avant le bicentenaire de la Bataille de Waterloo. Pour les responsables du site, elle marque surtout le coup d’envoi de la saison touristique, après une année très délicate en raison de la pandémie.

"C’est une exposition très importante pour nous, ça permettra de bien démarrer, confirme Catherine Coste, directrice du Mémorial. On en a besoin parce que l’hiver a été très calme, en dehors des vacances scolaires qui ont été plutôt bonnes. En semaine, il n’y a personne. Il n’y a plus de groupes, plus de classes et plus de touristes étrangers qui représentent habituellement 60% de notre clientèle. Nous avons eu beaucoup de familles belges mais pas suffisamment pour compenser la perte des autres publics."

Ainsi, sur un an, le Mémorial a perdu la moitié de ses visiteurs. Il en a compté seulement 80.000 au lieu des 160.000 habituels. Gageons que des jours meilleurs arriveront, à la faveur d’un déconfinement progressif et de cette belle exposition intitulée "Napoléon, de Waterloo à Sainte-Hélène, la naissance d’une légende" (à voir jusqu’au 17 octobre 2021).

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK