60 hectares d'arbres et de buissons coupés à la base de Beauvechain, une menace pour la biodiversité?

La Défense a élaboré un plan pour assainir certaines zones abandonnées de la base où la végétation pose des problèmes de sécurité.
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La Défense a élaboré un plan pour assainir certaines zones abandonnées de la base où la végétation pose des problèmes de sécurité. - © Hugues Van Peel - RTBF

La base militaire de Beauvechain va-t-elle devenir une vaste étendue désertique dans quelques années? Sans doute pas, mais sa physionomie va tout de même changer sérieusement. La Défense a l’intention de procéder à un grand nettoyage de la végétation qui s’est développée sur le site. Environ soixante hectares seraient ainsi coupés. Il en va, selon elle, de la sécurité aérienne et de la sécurité des personnes qui travaillent sur place.

"Des buissons poussent un peu partout à proximité des pistes, des taxiways (NDLR : les routes qui relient les pistes aux zones opérationnelles) et des zones opérationnelles, explique le colonel Danny Vandenberk, patron de la base. Il faut absolument assainir et nettoyer ces zones pour en faire des prairies de fauche. On évitera ainsi que du gibier se cache dans ces endroits."

"Cet hiver, on a eu quelques tempêtes au-dessus de la base et deux véhicules militaires ont été fortement endommagés par des arbres qui sont tombés. En plus, un arbre a aussi failli tomber sur un véhicule privé qui circulait sur la route périphérique. Il est donc important de nettoyer certaines zones qui ont été abandonnées."

Le patron de la base le reconnaît, c’est un projet d’envergure qui sera mis en œuvre. Mais il n’est pas question, dit-il, de raser tous les arbres présents sur la base, et il ajoute que certaines zones seront replantées.

Impact paysager et nuisances sonores

Il n’empêche, l’inquiétude est là. Certains riverains s’interrogent par exemple sur l’impact paysager des opérations annoncées et se demandent si la disparition des écrans végétaux n’entraînera pas une augmentation des nuisances sonores des appareils militaires qui survolent la base.

La préservation de la nature est également au cœur des préoccupations. "On habite dans une région qui est relativement pauvre au niveau de la biodiversité, vu les grandes cultures et l’urbanisation, déplore Julien Taymans, président de Natagora Brabant wallon. Et donc la base aérienne joue vraiment un rôle très important de zone noyau pour le réseau écologique. On craint donc que cette zone puisse disparaître au fil du temps".

Préserver l'ancien dépôt de munitions

Natagora a surtout les yeux rivés sur la zone M, l’ancien dépôt de munitions de la base, devenue au fil du temps un véritable paradis pour de nombreuses espèces animales et végétales. "C’est une mosaïque de prairies, de friches, de zones de lisière, de petits bosquets qui attirent une série d’oiseaux qui ont disparu ailleurs, comme la tourterelle des bois, le tarier pâtre ou le rossignol. Ce sont des espèces qui sont en grand danger d’extinction en Région wallonne. Et on craint que ces espèces puissent être menacées".

Dans cette zone de 18 hectares, les buissons seraient broyés, les souches arrachées et des arbres coupés en bordure de la clôture. La moitié de la surface serait transformée en prairies. Or, pour Natagora, cette zone éloignée des pistes ne pose aucun problème de sécurité.

Une réunion de concertation

Et ces inquiétudes, les autorités communales les partagent. "Il y a sans doute des endroits où il faut couper ou débroussailler, reconnaît Marc Deconinck, bourgmestre de Beauvechain. Mais dire, parce qu’un ou deux arbres sont tombés, qu’il faut en abattre je ne sais combien, mille peut-être, je trouve que c’est aller un peu loin. Cela n’a plus aucune logique".

Une réunion de concertation aura lieu dans les prochains jours. Le patron de la base affirme n’avoir rien à cacher. Reste à voir s’il parviendra à rassurer.

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