350 passages à niveau supprimés en Belgique en dix ans: plusieurs chantiers à venir en Brabant wallon

38 accidents recensés sur des passages à niveau en 2018, ils ont coûté la vie à neuf personnes.
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38 accidents recensés sur des passages à niveau en 2018, ils ont coûté la vie à neuf personnes. - © Hugues Van Peel - RTBF

Une enquête publique vient d’être lancée à Grez-Doiceau concernant la suppression du passage à niveau situé à proximité du point d’arrêt de Florival, rue Léopold Vanmeerbeek.

Menant à un chemin forestier, ce passage à niveau a ceci de particulier qu’il n’est emprunté que par des piétons et des cyclistes. Il est équipé des signaux lumineux et sonore habituels, mais il est dépourvu de barrières, ce qui représente un certain danger pour les usagers. Infrabel, le gestionnaire du réseau ferroviaire, veut donc le remplacer par un couloir sous voies et aménager de nouveaux accès aux quais. Les travaux auront lieu en 2020.

Et d’autres passages à niveau situés à Grez-Doiceau, et même ailleurs en Brabant wallon, subiront le même sort d’ici quelques temps. "Actuellement, nous sommes aussi occupés à en supprimer un à Rebecq, rue de Ham, explique Frédéric Sacré, porte-parole d’Infrabel. Nous sommes aussi en discussion avec la commune de Tubize en vue de supprimer deux passages à niveau à Saintes. Donc oui, c’est un travail que nous voulons continuer. D’abord parce que ça bénéficie à la sécurité, ensuite parce que ça bénéficie à la ponctualité".

Pas possible de supprimer partout

En une dizaine d’années, plus de 350 passages à niveau ont ainsi disparu du paysage en Belgique. Il en reste encore 1713 mais certains ne pourront pas être remplacés. Il y a donc des limites.

"Je pense par exemple à ceux situés en plein cœur de la ville de Wavre, où il y a une urbanisation très dense, poursuit Frédéric Sacré. Pour supprimer un passage à niveau, il faut prévoir une alternative, un pont ou un tunnel. Et dans un environnement aussi urbanisé que celui-là, cela impliquerait d’exproprier et de raser des habitations, ce qui n’est pas acceptable d’un point de vue sociétal. Donc en ce qui concerne le centre de Wavre, typiquement, la cohabitation va encore durer très longtemps."

Un coût élevé

Outre les aspects techniques de tels dossiers, il y a aussi la question du budget. En moyenne, la suppression d’un passage à niveau coûte 1,25 million d’euros. Infrabel définit donc les chantiers prioritaires en fonction de certains critères. 

"On fait une sorte de balance entre différents éléments. Par exemple, on regarde la densité du trafic ferroviaire sur la ligne, la vitesse des trains, l’importance de l’axe qui traverse le passage à niveau… Et à la lumière de ces éléments qui permettent d’objectiver ces suppressions, on avance plus vite sur un dossier que sur un autre. Exemple typique à Clabecq, il y a plusieurs raccordements industriels qui ont desservi les usines qui étaient installées sur le site. Pour nous, ces suppressions ne sont pas prioritaires parce que le trafic ferroviaire y est marginal aujourd'hui."

A défaut de pouvoir supprimer l’ensemble des passages à niveau, Infrabel mène donc régulièrement des opérations de sensibilisation, avec un slogan très clair: les passages à niveau ne sont pas dangereux, c’est le comportement des personnes qui les traversent qui l’est parfois. Dès que le signal sonore retentit, qui plus est si les barrières sont déjà fermées, il est strictement interdit de traverser les voies. Les contrevenants risquent une grosse amende… Et d’y laisser la vie! En 2018, neuf personnes ont été tuées dans des accidents sur des passages à niveau.

Journal télévisé 25/03/2019

En mars dernier, une étude commandée par Infrabel montrait que le comportement des usagers aux abords des passages à niveau était problématique. 

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