"Pourquoi je soutiens les gilets jaunes, mais pas les violences"

"Pourquoi je soutiens les gilets jaunes, mais pas les violences"
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"Pourquoi je soutiens les gilets jaunes, mais pas les violences" - © Tous droits réservés

Comme beaucoup de Belges, je suis un parent, une travailleuse, une consommatrice de première nécessité. Je me lève chaque matin pour déposer mon fils à l’école et aller travailler, je consomme donc du carburant pour m’y rendre, carburant qui ne cesse d’augmenter, je dois également payer des taxes et assurances pour mon véhicule.

Lorsque je vais faire mes courses, le montant du ticket est parfois démesuré face à la quantité de nourriture qui se trouve dans mon chariot, ne parlons pas du montant de l’électricité qui ne cesse d’augmenter et dont c’est parfois incompréhensible lorsque les fournisseurs nous parlent d’éoliennes pour privilégier l’énergie verte et le coût moins élevé.

Je débranche tous les jours mes appareils électriques lorsque je quitte mon domicile pour éviter de consommer de l’énergie inutilement tout comme mon chauffage.

Il est difficile de joindre les deux bouts

Et quand je vois que malgré tout ces efforts, il est quand même difficile de joindre les deux bouts, cela me dépasse.

C’est pourquoi, lorsqu’il y a eu la réunion du mouvement des gilets jaunes à Mons, j’ai assisté à celle-ci afin de savoir ce qu’ils proposaient comme action.

Je suis arrivée là-bas, accompagnée de mon conjoint et de mon petit garçon de 9 ans, car je voulais qu’il entende pourquoi nous étions là, qu’il comprenne que nous voulions tous bouger pour notre bien mais également pour son futur.

J’y ai fait la rencontre d’Elodie, Antonio, Silvio et d’autres personnes qui nous ont parlé de leur mouvement, stipulant bien que ceux-ci mettaient bien en avant le respect et la non-violence. J’ai tout de suite adhéré car jouer les casseurs, ce n’est pas trop pour moi, j’ai toujours appris à mon fils le respect envers les autres et je m’y tiens.

J’étais fière d’y être, d’être présente pour la cause

L’action s’est mise en route ce 16 novembre. Juste après avoir presté ma journée de travail, je me suis rendue sur le blocage de Feluy.

J’étais fière d’y être, d’être présente pour la cause, de voir que chacun se respectait, fière de voir que les gilets jaunes respectaient les policiers présents sur place, ces mêmes policier(e)s, pères et mères de famille une fois l’uniforme enlevé, des personnes comme vous et moi, qui paient également des taxes et ont également des difficultés à finir le mois.

Quand je suis rentrée chez moi, j’étais fière d’avoir passé ce moment avec les gilets jaunes, dans le respect de tous, gilets jaunes et également les forces de l’ordre, dans la bonne humeur.

Samedi, je me suis à nouveau rendue sur le blocage de Feluy, toujours fière de faire partie du blocage, tout le monde discutait entre eux, aucune frontière, aucune religion, toujours avec le respect.

Les membres du mouvement "Actions citoyennes contre les mesures gouvernementales" étaient présents, et, avec mon conjoint, nous avons pu dialoguer avec ceux-ci. Dimanche, je n’ai pas eu l’occasion de me rendre sur le blocage.

Ensuite, lundi, je tombe de haut en entendant les informations. Je suis triste d’entendre la violence entre les policiers et les gilets jaunes, je ne comprends pas pourquoi, ce qu’il s’est passé. J’entends que les autopompes sont intervenues. Pourquoi ? Comment ? Des personnes pacifistes blessées pour la barbarie des extrémistes ? Pourtant les jours d’avant, le dialogue était excellent entre les forces de l’ordre et les gilets jaunes...

Je me rends compte que, parmi les gilets jaunes, des casseurs ont enfilé un gilet jaune pour profiter du mouvement

Je rentre de mon travail et je continue de suivre les informations, arbres cassés, pylônes renversés, j’ai compris que quelque chose ne tourne pas rond et là, je me rends compte que, parmi les gilets jaunes, des casseurs ont enfilé un gilet jaune pour profiter du mouvement et pour tout démolir.

Pourquoi s’en prendre aux arbres ? Ceux-ci contribuent quand même à fournir notre oxygène mais le mouvement extrémiste n’a pas trop l’air de l’entendre de cette oreille.

J’ai poussé mon mécontentement vis-à-vis de la détérioration du lieu de Feluy et celui-ci m’a valu des critiques. N’en citant qu’une ou deux, que ce n’est pas avec de la douceur qu’on fera tomber les mesures pour lesquelles nous contestons, qu’il vaudrait mieux se protéger derrière des fleurs contre les coups.

Je continuerai d’afficher mon gilet jaune, pour montrer mon mécontentement

Il suffit de constater que les personnes qui bloquaient Feluy vendredi, samedi, dimanche, étaient TOUS à visage découvert et que ce blocage a permis quand même une pénurie dans 1/3 des pompes à carburant.

Depuis lundi, ces casseurs camouflés ont arraché le flambeau, enfilant un gilet jaune, et masquant TOUS leur visage, dégradant les lieux de blocage, en incendiant, sans assumer leurs actes, un camion stationné depuis 4 jours, avec probablement des effets personnels du chauffeur de camion, peut-être père de famille, peut-être mari, personne également qui paie diverses taxes tout comme nous et également les casseurs. 

Alors, pour avoir participé au blocage de Feluy, je suis satisfaite et fière d’avoir participé aux deux premiers jours, en compagnie des membres de "Actions citoyennes contre le gouvernement", en compagnie d’Elodie, Silvio, Antonio et les autres, mais je suis triste que le groupe "Grève générale contre le gouvernement" ait pris le relais pour tout démolir.

Je continuerai d’afficher mon gilet jaune, pour montrer mon mécontentement envers les mesures de notre gouvernement, pour moi, pour ma famille et pour le futur de mon fils, mais je prends mes distances face à Feluy et les ignobles personnes sans nom qui s’y trouvent, car ce n’est pas humain un tel comportement de violence gratuite, ce n’est également pas animal, car même les animaux sont plus respectueux envers les lieux et ses congénères. 

Marie-Kelly Destrebecq, citoyenne sympathisante du mouvement des gilets jaunes

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