La pénurie de matériel et de médicaments est intenable : les hôpitaux bruxellois tirent la sonnette d'alarme

Personnel médical dans un service "Covid" d'un hôpital bruxellois.
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Personnel médical dans un service "Covid" d'un hôpital bruxellois. - © BELGA

D’une seule voix, les hôpitaux publics et privés bruxellois du réseau non-confessionnel, à savoir les hôpitaux Baron Lambert, Etterbeek-Ixelles, Molière-Longchamp, Joseph Bracops, le CHU Brugmann, le CHU Saint-Pierre, l’hôpital des enfants (HUDERF), l’Institut Jules Bordet, et l’hôpital Erasme le crient haut et fort, et à l’unisson : la situation actuelle n’est pas tenable.

La recherche d’une solution efficiente et rapide à la pénurie des masques est essentielle. Les initiatives des autorités ne sont cependant – et c’est peu de le dire – pas couronnées de succès.

Mais se focaliser sur les masques n’est pas non plus suffisant, loin de là.

 

Gérer, c’est anticiper !

Les autorités fédérales ne semblent ni voir ni entendre qu’en réalité, les hôpitaux sont en état de pénurie massive de TOUT le matériel de protection ET des médicaments indispensables au traitement des patients Covid-19 ET d’autres catégories de matériel comme les seringues.

 

Les unités actuelles des hôpitaux bruxellois prenant en charge les patients covid-19 qui doivent être hospitalisés sans délai vont arriver à saturation sous peu.

L’ouverture de nouvelles unités est envisageable, mais pas si le problème du manque récurrent de matériel et de médicaments n’est pas pris à bras-le-corps par les autorités publiques.

Le personnel médical et de soins ne peut plus être protégé correctement et le risque d’un débrayage organisé par les représentants des travailleurs n’est certainement pas utopique.

La prise de conscience par la Ministre De Block, le SPF et l’AFMPS de la gravité de la situation de TOUS les hôpitaux – en tout cas wallons et bruxellois – doit être immédiate et radicale.

À part les urgences réelles, toute l’activité hospitalière est focalisée sur le traitement des patients Covid-19.

Il n’est plus l’heure, pour la Ministre De Block et le SPF, de douter de la bonne foi des hôpitaux quant à l’état réel de leurs stocks de matériel et de médicaments.


Il n’est plus à l’heure pour la Ministre De Block et le SPF, de demander constamment aux hôpitaux de remplir des formulaires de toutes sortes avec des chiffres qui, de toute façon, se périment complètement en quelques heures et qui sont donc inutiles s’ils ne sont pas traités immédiatement.


Il n’est plus l’heure, pour la Ministre De Block et le SPF, de restreindre les distributions des stocks que nous savons encore disponibles en matériel de protection et de médicaments dans le pays – les fameux " stocks stratégiques " – dans l’attente d’une catastrophe.

Faut-il menacer les autorités de fermeture de nos hôpitaux pour obtenir le matériel et les médicaments indispensables à la poursuite de nos activités ?

La situation EST REELLEMENT dramatique. Maintenant.

 

Il n’est plus l’heure, pour la Ministre De Block et le SPF, de jouer avec les nerfs et la santé des Directeurs généraux et médicaux, du personnel médical et du personnel soignant des hôpitaux :

Il est temps pour la Ministre De Block et le SPF, de fournir aux hôpitaux une information TRANSPARENTE sur ce qui se passe réellement au sein des cellules de crise qu’ils ont mises sur pied.


Il est temps, pour la Ministre De Block et le SPF, de prendre ses responsabilités et de fournir aux hôpitaux l’ensemble des outils indispensables à la continuité des soins et à la protection de tous ceux qui œuvrent au quotidien pour offrir aux citoyens patients les meilleurs soins possibles.


Il est temps, pour la Ministre De Block et le SPF, de débloquer les arrivées de matériel aux frontières, de simplifier la vérification de ce dernier par l’AMFPS, de FACILITER l’approvisionnement des hôpitaux en matériel et en médicaments et avec des stocks suffisamment importants que pour tenir à moyen ou long terme. Nous faire travailler avec des stocks de trois jours est tout simplement insultant. Les soignants ne devraient pas vivre avec une épée de Damoclès sur la tête, avec la peur au ventre à l’idée que dans quelques heures ou quelques jours, ils ne seront plus en mesure de soigner les patients déjà hospitalisés.

Ne pas croire le rapport dramatique que nous faisons de la situation revient tout simplement à mépriser et dénigrer le travail énorme actuellement accompli sur le terrain, avec des moyens qui ne sont pas dignes de ce siècle, de cette partie du monde, d’un welfare state.

Nous ne voulons plus des remerciements publics de nos Ministres.

Nous voulons qu’ils agissent concrètement sans plus attendre.

C’est à eux de trouver des solutions immédiates, structurelles et viables à long terme.

Il n’est pas trop tard, mais il est plus que temps.

 

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