Libérons nos terres, pour plus de bio!

Libérons nos terres, pour plus de bio !
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A peine élu président, Emmanuel Macron a tenu à ouvrir à Bercy les Etats généraux de l’alimentation. Nicolas Hulot, le nouveau ministre de la transition écologique et solidaire a placé la barre très haut lors de l’ouverture de ce sommet : "Il faudrait arriver au XXIème siècle à associer l’intelligence de l’homme à celle de la nature. (…) Moi, je rêve d’un pays réconcilié, d’un pacte entre consommateurs et paysans, une agriculture diversifiée".

L’enjeu est ici explicitement nommé. Vital, il concerne autant la France, l’Europe que la Wallonie (1).

Chez nous l’agriculture plurielle ne se développe pas suffisamment vite. Elle reste encore trop concentrée sur un modèle d’agriculture industriel. En cause notamment la rigidité du bail à ferme.

Franchement, quel espace laissons-nous aux appels des candidats maraîchers sans terre, aux paysans agrobiologistes, à l’agro-foresterie ?

Savez-vous que la Wallonie compte deux-cents milles bailleurs, propriétaires en moyenne de 2 hectares de terres agricoles ? Parmi ceux-ci, nous en avons rencontré quelques dizaines de propriétaires de lopins de terre (2) qui franchement aspirent à soutenir une autre agriculture. Il importe d’encourager les cultivateurs qui honorent la terre et respectent la nature (au lieu de l’exploiter !) en produisant de la viande, des légumes, des céréales exempt de dopants chimiques si nuisibles à notre santé.

Accorder le droit à l'objection de conscience aux 200 000 propriétaires dans le nouveau bail à ferme

Hélas ces modestes propriétaires n’ont pas les moyens d’obliger leur exploitant agricole à respecter leurs biens, leurs terres.

Née en 1929, une loi belge, le bail à ferme encadre la mise en location des terres aux agriculteurs. La dernière adaptation de cette loi remonte à 1988 . Aujourd’hui - trente ans plus tard - en Wallonie il y a un consensus entre propriétaires et locataires de terres agricoles pour modifier plusieurs points important du bail à ferme. Beaucoup d’acteurs jugent que le bail à ferme ne joue plus bien son rôle; que l’accès au marché locatif est perverti et même injustement cadenassé.

Au nombre des revendications, il y en à une que le nouveau gouvernement wallon se doit d’inscrire impérativement dans sa réforme annoncée pour l’automne : donner la possibilité aux 200 000 petits propriétaires d’exiger de leurs locataires (l’agriculteur) d’honorer leurs lopins de terre en renonçant à l’avenir à épandre/asperger tout produit nuisible à la santé du sol et à la biodiversité.

Cette clause environnementale n’est qu’un droit élémentaire d’objection de pleine conscience et pourrait se révéler être un acte citoyen fort en faveur du développement de l’agriculture biologique !

Le ministre wallon de l’agriculture, René Collin entendra-t-il cette prière vitale aussi pour la planète, notre santé individuel et publique ?

 

Carl Vandoorne est administrateur-délégué de la Fondation reconnue d'utilité publique Générations.bio

 

(1) La nouvelle crise des oeufs contaminés par le fipronil, après les scandales des poulets infectés par la dioxine, sans oublier la vache folle nous rappellent l’urgence d’une attention accrue pour notre santé et la sécurité alimentaire des générations futures.

(2) Savez-vous que 730 000 hectares de terres wallonnes sont louées à près de 70% par les agriculteurs. Selon une étude d’Eurostat, que le prix des terres agricoles a été multipliée par 3 en 10 ans….

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