Le triomphe du déni

Stan Jourdan
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Lors de son premier discours de président élu, François Hollande a dit vouloir être jugé sur deux choses : sa capacité à défendre la justice et sa politique en faveur des jeunes. Stan Jourdan est un jeune journaliste. Cette victoire le rend sceptique. Un coup de gueule à chaud.

François Hollande est donc élu face à un Sarkozy en bout de course après un quinquennat catastrophique. Que la vie est parfois ennuyante quand on a un temps d’avance.

Rien n'a changé

Pour les uns, c’est un soulagement attendu depuis longtemps, pour les autres une catastrophe économique en vue. Pour la plupart en fait, c’est comme si rien ne s’était passé tant il n’y a rien à espérer.

Le répit d’austérité, les incantations de croissance et vœux de plein emploi n’y feront pas grand chose : la récession le chômage, les inégalités continueront de progresser. Les scissions bancaires n’empêcheront pas les hydres financiers de repousser, la création d’emplois fictifs dans les administrations publiques ne créeront pas de nouvelles richesses, et la perfusion de dette nécessaire au système continuera de nourrir les riches. Pendant ce temps, nous autres pauvres petits citoyens continuerons de nous entredéchirer pour obtenir tant bien que mal le droit d’exister au détriment de nos prochains. Bref, si elle se confirme, l’alternance politique n’en aura que le nom, et la démocratie continuera de perdre du terrain face à la dictature des dogmes auxquels le PS est tout dévoué.

Le PS français, un parti conservateur

Car il faut bien le dire : le PS est un des seuls partis qui n’ait pas progressé depuis 5 ans sur tous les sujets importants à l’heure du XXIème siècle : revenu de base, démocratie, valeur travail, numérique… En vérité, c’est un bastion du conservatisme gangrené par des luttes de pouvoir stériles qui s’apprête à régner en France.

Seule bonne nouvelle, maintenant que Sarkozy est parti, les commentateurs de tout bord vont peut être pouvoir se concentrer sur le fond du problème plutôt que de s’acharner sur un hyperprésident qui ne fut malgré tout ses défauts qu’une marionnette au services des intérêts d’une oligarchie bien implantée. Avec un peu de chance, quelques lueurs apparaitront par ci par là. Qui sait. Mais à part ça, nous assistons ce soir à la victoire d’un parti politique empoussiéré dont le seul mérite est de profiter d’un système bipartite favorable.

C’est le triomphe du déni et de l’immobilisme, avant de laisser la place au temps des désillusions et de la dure réalité. Vivement que l’on passe à autre chose.

Stanislas Jourdan (23 ans) est un journaliste indépendant, diplômé d’une école supérieure de commerce. Il est l’animateur du site " Tête de Quenelle " et s’est spécialisé dans les questions liées à la crise financière et aux politiques monétaires. Il se définit aussi comme " veilleur ". C'est un partisan déclaré d'une véritable prise en compte du vote blanc

Cet article a été publié en premier sur le site de Stan Jourdan

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