La Plaine: récit d'un abandon progressif des pouvoirs publics

Aujourd’hui 200 000 personnes ne peuvent pas se loger de manière décente et abordable dans Bruxelles[1]. Le besoin en logements sociaux et en kots étudiants explose depuis plusieurs années dans la capitale. Pourtant, ni Mme Gilson, échevine à l’urbanisme et à l’environnement de la Commune d’Ixelles, ni M. Vervoort, ministre-président de la région bruxelloise, ne semblent voir un problème dans le projet d’Immobel de construire des logements haut de gamme sur le plus grand espace vert d’Ixelles, à savoir la Plaine. L’un comme l’autre se retranchent derrière une position purement légaliste, où le droit au logement et le droit à un environnement de vie sain semblent s’effacer devant les droits de propriété d’un promoteur privé.

Les pouvoirs publics ont pourtant toutes les cartes en main. Au vu de la valeur écologique du site et de son affectation en tant que " zone d’équipement d’intérêts collectifs ", la Commune comme la Région seraient en droit de demander une révision du dossier ainsi qu’une étude globale de l’incidence du projet sur la zone. J’ai donc été surpris d’entendre la réponse de Mr Vervoort à la question d’actualité posée lundi par Julie de Groote (CDH), Céline Delforge (Ecolo) et Mathilde El Bakri (PTB) au parlement bruxellois. Le gouvernement bruxellois avait pourtant dans sa Déclaration de Politique Gouvernementale insisté sur son ambition de repenser la ville. Un discours à l’opposé de celui que Mr Vervoort a tenu, où il ne tient compte que des droits d’Immobel de construire sur son terrain. C’est à se demander à quoi servent finalement les permis d’urbanisme si les spécificités du site et les besoins de la population ne sont pas pris en compte dans l’analyse du projet.

Je suis choqué, en tant que membre du comité " Sauver la Plaine ", qui se bat contre ce projet absurde depuis plusieurs années, mais aussi et surtout en tant que citoyen. Choqué de voir les pouvoirs publics démissionner de leur mission qui est d’agir dans l’intérêt de tous. Choqué de constater que dans une démocratie où les séances parlementaires sont censées être publiques, on n’autorise que 5 personnes d’un rassemblement qui en comptait une centaine à assister à cette séance. Des étudiants et des riverains qui avaient pourtant fait le déplacement dans le but d’assister à la séance et d’entendre la réponse du gouvernement régional aux questions importantes que soulève le projet Universalis Park. Car ce projet est symptomatique d’un problème plus large, qui est de savoir dans quelle ville nous voulons vivre demain. N’est-il pas grand temps de remettre le citoyen au centre de ces problématiques et d’écouter ce qu’il a à apporter ?

Tibor Van Cutsem, étudiant en BA3 de biologie à l’ULB

[1] Mémorandum associatif pour le droit au logement 2014-2019

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