Syrie: l'armée de Damas avance dans le centre grâce aux bombardements russes

Les forces du régime syrien avançaient samedi dans la province centrale de Hama grâce aux bombardements massifs de l'aviation russe.
3 images
Les forces du régime syrien avançaient samedi dans la province centrale de Hama grâce aux bombardements massifs de l'aviation russe. - © AFP

Les forces du régime syrien avançaient samedi dans la province centrale de Hama grâce aux bombardements massifs de l'aviation russe, qui a effectué plus de 55 frappes en 24 heures.

Les combats étaient également violents dans la région de Lattaquié (ouest), fief du régime de Bachar al-Assad.

Tandis que, près d'Alep, la grande ville du nord, ce sont les rebelles islamistes qui ont lancé une contre-attaque pour reprendre le terrain perdu la veille lors d'une offensive éclair du groupe Etat islamique (EI).

Au onzième jour de son intervention, l'armée russe a affirmé avoir effectué 64 sorties en 24 heures et frappé 55 cibles de l'EI, poursuivant ainsi l'intensification de ses bombardements entamé la veille.

Ces bombardements soutiennent l'armée syrienne qui, avec les milices pro-régime, s'est emparée de la localité d'Atchane dans la province de Hama, a annoncé la télévision officielle. Des combats faisaient rage pour la conquête des collines de Sukayk, mitoyennes au village, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Si l'armée réussissait à prendre ces hauteurs, cela lui ouvrirait la route vers Khan Cheikhoun, une ville aux mains des rebelles depuis mai 2014, sur la route internationale entre Damas et Alep.

Par ailleurs, selon l'OSDH, de violents accrochages opposaient l'Armée de la conquête, qui réunit les groupes islamistes et le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, soutenue par l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, aux forces du régime, pour le contrôle de hauteurs stratégiques dans le nord-est de la province de Lattaquié.

Le ministère russe de la Défense a précisé que les 55 frappes avaient visé les provinces de Damas, Alep, Hama, Raqa et Idleb, détruisant 29 camps d'entraînement "des terroristes", 23 positions défensives, deux centres de commandement et un dépôt de munitions.

Dans le même temps, la coalition conduite par les Etats-Unis a annoncé avoir mené cinq frappes contre des positions de l'EI en Syrie et 20 autres en Irak.

Dizaines de morts

A proximité d'Alep, des groupes islamistes anti-EI, dont le puissant Ahrar al-Cham, ont repris dans la nuit le village de Tall Soussine et des combats se déroulaient pour le contrôle de Tall Qrah. Ces deux localités au nord d'Alep sont situées sur une route stratégique pour les rebelles car elle conduit vers la Turquie, l'un de leur principal allié.

L'EI avait réussi vendredi à avancer en quelques heures jusqu'à une dizaine de kilomètres de la périphérie nord de la grande ville et à 3km de la zone industrielle de Cheikh Najjar, aux mains du régime.

Les jihadistes du groupe ultra-radical ont profité des frappes russes qui ciblent en priorité la coalition regroupant le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, et ses alliés islamistes.

Des dizaines de jihadistes et de rebelles ont trouvé la mort au cours des combats, selon l'OSDH.

Dans la même province, l'ONG a fait état de violents combats entre les forces du régime et l'EI autour de l'aéroport militaire de Kweires, assiégé par les jihadistes depuis mai. Les soldats et miliciens pro-régime attaquaient le groupe jihadiste dans plusieurs villages autour de cette base pour desserrer l'étau.

Par ailleurs, un puissante explosion a détruit samedi dans la localité d'al-Bab, place forte de l'EI au nord d'Alep, un dépôt de munitions et une fabrique d'armes appartenant aux jihadistes. L'origine n'a pas encore été déterminée mais des avions survolaient la ville au moment de la déflagration, a précisé l'OSDH.

Eviter des incidents aériens

Des négociations pourraient se tenir ce week-end entre la Russie et les États-Unis pour garantir la sûreté des opérations militaires distinctes que mènent les deux pays dans l'espace aérien en Syrie, a affirmé vendredi le porte-parole du Pentagone Peter Cook.

Washington et Moscou veulent éviter tout incident entre leurs avions qui sont susceptibles de se croiser au cours de leurs raids depuis que la Russie est entrée dans le conflit le 30 septembre.

Les Etats-Unis sont eux à la tête d'une coalition anti-jihadistes qui comprend plusieurs pays occidentaux comme le Royaume-Uni et la France, et qui mène des bombardements en Syrie depuis septembre 2014.

Au lendemain des premières frappes russes, de hauts responsables civils et militaires américains s'étaient entretenus par vidéo-conférence avec leurs homologues russes.

Ils avaient évoqué des questions comme les fréquences radio qu'utiliseraient les avions pour communiquer "en cas de détresse", ou encore de la langue à utiliser pendant des échanges d'appareil à appareil.

Le Pentagone avait ensuite critiqué Moscou, affirmant que la Russie ne répondait pas assez rapidement aux propositions formulées par Washington à la suite de ces premiers échanges.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK