La Belgique se positionne dans un Iran post-sanctions

C'est la première fois qu'une délégation ministérielle belge se rend en Iran depuis la signature de l'accord sur le nucléaire. Un accord qui signifie de nouvelles perspectives, notamment économiques, pour la Belgique.

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) et le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur Pieter De Crem (CD&V) sont venus, accompagnés d'une vingtaine d'entrepreneurs belges de tous secteurs (nucléaire médical, équipement high-tech, transport, secteur diamantaire...).

Mais pour l'heure il toujours est impossible de faire du commerce efficacement avec les entreprises iraniennes en raison des sanctions bancaires. Aucune banque occidentale n'est autorisée à effectuer des transferts d'argent vers l'Iran sous peine de très lourdes amendes.

L'enjeu pour ces entrepreneurs est donc tout d'abord de prendre des contacts en toute discrétion. Et de se tenir prêt à être parmi les premiers le jour où ces fameuses sanctions seront levées.

Levée des sanctions

"Le but est d'aboutir à une levée des sanctions le plus vite possible et que, grâce à cet accord, l'Iran reprenne un certain nombre d'activités économiques", souligne Didier Reynders à l'issue de sa rencontre avec le Président iranien Hassan Rohani. Ce qui devrait être le cas au premier semestre 2016 si l'accord sur le nucléaire est bien respecté par Téhéran.

De cela il en aussi été question lors de la rencontre entre Didier Reynders le ministre des Affaires étrangères iranien Mohamed Javad Zarif. Autre question au cœur de cette rencontre : la Syrie. L'Iran apparaît désormais comme un acteur incontournable pour trouver une solution politique à la guerre qui sévit depuis 4 ans dans le pays. Le chef de la diplomatie iranienne se montre offensif sur ce dossier: "Le peuple syrien doit décider pour lui-même et le monde doit faire face au terrorisme. Il ne faut pas avoir peur de se demander qui autorise Daesh à vendre du pétrole. Comment ces terroristes exportent le pétrole? Qui l'achète? Comment font-ils des transferts financiers et quelles banques gardent leurs fonds? La communauté internationale doit se poser ces questions."

Une façon d'attaquer la Turquie sans la nommer et de faire en sorte que l'éviction du régime de Bachar al-Assad dont l'Iran est le principal allier, ne soit plus une condition préalable à la résolution du conflit syrien.

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