L'ONU condamne "l'apparente exécution" d'un assaillant palestinien

Une Palestinienne parle avec un soldat israélien à Hébron, sur le lieu où deux assaillants palestiniens ont blessé un soldat israélien avant d'être tués, dans les Territoires palestiniens, le 24 mars 2016
Une Palestinienne parle avec un soldat israélien à Hébron, sur le lieu où deux assaillants palestiniens ont blessé un soldat israélien avant d'être tués, dans les Territoires palestiniens, le 24 mars 2016 - © HAZEM BADER

Les Nations unies ont condamné dans la nuit de jeudi à vendredi comme un acte "horrible, immoral et inique" ce qu'elles ont appelé "l'apparente exécution" d'un assaillant palestinien par un soldat israélien.

"Je condamne fermement l'apparente exécution extrajudiciaire d'un assaillant palestinien à Hébron, en Cisjordanie occupée", a déclaré dans un communiqué l'envoyé spécial de l'ONU au Proche-Orient, Nickolay Mladenov.

"Il s'agit là d'un acte horrible, immoral et inique qui ne peut qu'attiser la violence et rendre encore plus volatile la situation actuelle", a-t-il estimé.

M. Mladenov dit saluer la condamnation de cet acte exprimée par le ministre israélien de la Défense Moshe Yaalon et appelle les autorités à faire juger le soldat rapidement.

L'armée israélienne a arrêté jeudi un soldat soupçonné d'avoir achevé un Palestinien blessé qui avait attaqué des militaires à Hébron.

Les faits, documentés par une vidéo mise en ligne, semblent être l'un des cas les plus flagrants d'usage excessif de la force par les forces israéliennes au cours de la vague de violences commencée depuis bientôt six mois.

Ils ont immédiatement été dénoncés comme une "exécution" par les défenseurs des droits de l'Homme et comme un "crime de guerre" par les Palestiniens. Ils ont été réprouvés par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense, qui a promis "la plus grande sévérité".

Mais ils ont aussi échauffé les esprits de la classe politique israélienne et ravivé la querelle sur la réponse des forces israéliennes aux violences en cours.

Le ministre de l'Education Naftali Bennett, chef de file du Foyer juif, parti nationaliste religieux, a estimé qu'"attaquer un soldat qui nous protège tous avant même que l'enquête ne soit lancée, porte préjudice à la place d'Israël dans le monde et à nos efforts pour empêcher de nouvelles attaques".

"Moralement parlant, un terroriste qui essaie d'assassiner des juifs mérite de mourir", a renchéri le député de son parti Bezalel Smotrich.

Avigdor Lieberman, l'ancien ministre des Affaires étrangères nationaliste et populiste connu pour ses prises de position incendiaires, a lui jugé "hypocrite et injustifié de se liguer contre le soldat". "Mieux vaut un soldat qui commet une erreur mais reste en vie qu'un soldat qui se fait tuer par un terroriste parce qu'il a hésité", a-t-il dit.

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