Irak : qu'en est-il de la sécurité au quotidien dans la capitale Bagdad?

Une voiture piégée a explosé le 5 octobre dernier dans la banlieue nord de Bagdad
Une voiture piégée a explosé le 5 octobre dernier dans la banlieue nord de Bagdad - © Archive SABAH ARAR - AFP

Pour le patron du CGRA, "il n'y a pas de risques réels lors d'un retour" dans la capitale irakienne. De fait, si l'on compare avec la même période de l'an dernier, le nombre d'attaques contre la population a diminué... le nombre de victimes aussi. Mais le risque de tomber sous les bombes d'un kamikaze reste quotidien, surtout pour la population de confession chiite.

C'est l'une des conséquences les plus manifestes de la guerre qui ensanglante l'Irak depuis 2003. Auparavant, dans le pays, les populations arabes chiites, arabes sunnites et kurdes principalement vivaient ensemble sur tout le territoire. Depuis la guerre, et surtout depuis la flambée confessionnelle de 2006-2007, ces populations se sont séparées. On ne se mêle plus dans la capitale. Les quartiers sont devenus homogènes. Et les attentats auxquels on assiste ces dernières années se commettent comme en écho à cette division récente. Ce qui fait dire à d'aucuns que cette division territoriale pourrait faciliter ou préfigurer un éclatement du pays.

300 morts cette année

On le sait aussi, le renversement de Saddam Hussein en 2003 a écarté du pouvoir les sunnites qui en connaissaient les rouages depuis la naissance de l’État, après la première guerre mondiale. Depuis une dizaine d'année, comme l’ont imposé les occidentaux, ce sont les dirigeants chiites qui ont la haute main sur les affaires irakiennes. Ce sont donc eux - et cette communauté largement majoritaire dans la population - qui sont au centre de la rancœur et de la cible sunnite. La majorité des attaques visent les quartiers chiites dans la capitale. Pour parler bilan, près de 300 Bagdadis sont morts dans des attentats cette année; autour de 500 ont été blessés... et ce sont des bilans minimums.

A ceci il faut ajouter cette menace qui plane depuis l’an dernier sur tous les habitants de la capitale: la progression des jihadistes sunnites de l’État islamique, aujourd'hui à quelque dizaines de km au nord et à l’ouest de Bagdad. Il y a deux semaines, un attentat revendiqué par les jihadistes a fait 24 morts et 61 blessés.

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