Conflit à Gaza: la trêve est terminée, quatre mineurs tués

Les hostilités entre Israël et le Hamas ont repris jeudi après une brève trêve humanitaire à Gaza où les bombardements israéliens ont de nouveaux coûté la vie à des enfants, malgré l'accélération des négociations en vue d'un cessez-le-feu.

Trois enfants d'une même famille ont été tués lors d'un raid israélien sur le centre-ville de Gaza, selon les services d'urgence locaux. Un quatrième est mort dans une attaque séparée. Les victimes ont été identifiées comme Jihad et Wassim Sheheibar, deux frères âgés respectivement de 8 et 7 ans, et Fulla Sheheibar, leur cousin de 10 ans, ont précisé les services de secours. Les garçons jouaient sur le toit de la maison quand une frappe de drone israélien a touché le bâtiment, faisant également cinq blessés.

L'hôpital de réadaptation Al-Wafa à Gaza où résident 14 patients, certains dans le coma ou paralysés, a été de nouveau bombardé par des chars israéliens, faisant plusieurs blessés, a annoncé son directeur, précisant que plusieurs infirmiers ont été blessés, sans fournir de bilan précis. Cet hôpital a été bombardé à plusieurs reprises depuis le début du conflit. Les malades, la plupart paralysés ou dans le coma, sont alités dans la salle de réception de l'hôpital, où le personnel les a regroupés après qu'un missile a frappé le 4e étage.

Situé dans le quartier de Choujaiya, cet hôpital a demandé la protection des agences humanitaires internationales et assuré que l'établissement est connu de l'armée israélienne. Son directeur a expliqué que les 14 patients ne peuvent être déplacés. Et même s'ils pouvaient l'être, il n'y a guère de lieu où les emmener. "Il n'y a pas d'endroit sûr à Gaza! Si un hôpital ne l'est pas, quel (autre endroit) l'est? " avait-il déploré.

"L'aviation a localisé et intercepté avec un missile sol-air 'Patriot' un véhicule aérien sans pilote (UAV) près d'Ashkelon (ville du sud d'Israël située à moins de 5 km de Gaza)", a par ailleurs annoncé un communiqué de l'armée israélienne. Les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, ont revendiqué ce jeudi soir dans un communiqué l'envoi "d'un UAV en direction de l'entité sioniste". C'est la deuxième fois cette semaine que le Hamas affirme avoir envoyé ces engins sans pilote survoler le territoire israélien.

La trêve de quelques heures n'a pas empêché les victimes de tomber

Une fillette de 4 ans, Rahaf al-Jubour, a également péri dans un bombardement à Khan Younès, dans le sud de l'enclave, selon le bureau de Achraf al-Qoudra. Peu après, un homme de 29 ans, Hamza Abadla, a été tué par une frappe près de Khan Younès, selon la même source.

Aussitôt après la fin à 15h locales (12H00 GMT) de la trêve de cinq heures négociée par l'ONU, une roquette tirée de Gaza s'est abattue sur un terrain vague de la ville israélienne d'Ashkelon (sud) et l'armée a mené des raids aériens sur l'enclave palestinienne où 240 personnes ont été tuées en dix jours, en majorité des civils.

Un journaliste de l'AFP, côté israélien de la frontière, a vu des tirs nourris de l'artillerie et de chars en direction du nord de Gaza. Israël, qui dit cibler le mouvement islamiste Hamas, accuse ses combattants d'utiliser des "boucliers humains" dans cette enclave où s'entassent dans la misère 1,8 million de personnes soumises au blocus israélien.

Un responsable israélien a affirmé jeudi qu'un accord pour une trêve à partir de vendredi avait été conclu avec le Hamas, mais le mouvement palestinien a affirmé qu'il n'y avait "toujours pas d'accord". "Les informations sur un accord de cessez-le-feu sont inexactes. Des efforts sont en cours, mais il n'y a pas d'accord pour le moment", a déclaré à l'AFP le porte-parole du Hamas Sami Abou Zouhri. "Les contacts continuent, les discussions et les rencontres se poursuivent toujours, espérons qu'il en sortira quelque chose pour stopper çà", a renchéri le directeur du département de presse du Hamas à Gaza, Ihab Ghoussein.

Cependant, un nouvel accord de cessez-le-feu serait envisagé. Au Caire, les autorités égyptiennes qui jouent les médiateurs entre Israël et le Hamas n'étaient pas en mesure de confirmer la conclusion d'un accord.

Selon Hazem Abou Shanab, un responsable du Fatah, le mouvement du président Mahmoud Abbas, au Caire, "il y a quelque chose sur la table mais rien de finalisé".

Le Hamas avait rejeté mardi une première initiative de cessez-le-feu formulée par l'Egypte et acceptée par Israël.

"Pendant que Tsahal (l'armée israélienne) ne tire pas, trois obus de mortier ont été tirés de Gaza sur le (district municipal) d'Eshkol", a indiqué au début de la trêve l'armée qui dans un premier temps avait parlé de roquettes.

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La population gazaouie s'est précipitée vers les magasins ouverts, les marchés et les distributeurs de banque ce jeudi lors de la trêve © THOMAS COEX - BELGAIMAGE

Le Hamas a accusé l'armée de "mentir". "Tous les groupes palestiniens continuent d'observer la trêve", a affirmé un responsable du mouvement islamiste en accusant Israël de vouloir "utiliser cela comme motif pour tuer nos combattants".

Aussitôt après la fin de la trêve, une roquette tirée de Gaza s'est abattue sur un terrain vague de la ville israélienne d'Ashkelon (sud) et l'armée a mené des raids aériens sur l'enclave palestinienne.

 

trois Palestiniens ont été tués jeudi à Rafah par des tirs de char israélien, dans le sud de la bande de Gaza, peu avant l'entrée en vigueur de cette trêve humanitaire de cinq heures, a indiqué le service des urgences de Gaza. Quatre autres personnes avaient été grièvement blessées dans ces tirs sur une maison de Rafah, a précisé Achraf al-Qoudra, porte-parole des services d'urgence. Une femme annoncée comme décédée est dans un état critique, selon le porte-parole.

Le bilan s'alourdit, 1770 blessés à Gaza

Au moment où le président palestinien Mahmoud Abbas poursuivait aussi ses entretiens au Caire pour trouver une issue au conflit, le président américain Barack Obama a dit son "immense chagrin" pour la mort de civils à Gaza tout en jugeant qu'Israël avait "le droit de se défendre face aux roquettes qui terrorisent" sa population.

Depuis le début le 8 juillet de l'offensive aérienne israélienne "Bordure protectrice" sur la bande de Gaza destinée à faire cesser les tirs de roquettes, au moins 231 personnes ont été tuées et 1700 blessées, selon les autorités locales. Plus du trois-quarts des morts sont des civils, selon l'ONU.

Parmi les victimes de mercredi, quatre enfants palestiniens ont été tués par le bombardement israélien d'une cahute de pêcheurs sur une plage de Gaza, et l'armée a indiqué enquêter sur cet "incident "tragique" tout en notant que les cibles étaient du Hamas".

Le dernier bombardement de jeudi après-midi sur la ville de Gaza portait à 235 le bilan des morts palestiniens depuis le début de l'opération israélienne à Gaza le 8 juillet, selon les services de secours palestiniens. Parmi ces victimes, figure une majorité de civils, dont des dizaines de femmes et d'enfants, selon l'ONU et les ONG humanitaires.

L'armée israélienne a affirmé avoir mené 1750 raids à Gaza depuis le 8 juillet. Dans le même temps, les organisations armées de Gaza ont lancé près de 1400 roquettes contre Israël, dont 1048 ont touché l'Etat hébreu et les autres ont été interceptées par la défense anti-aérienne, tuant un civil israélien.

Découverte de roquettes dans une école de l'ONU à Gaza

L'Agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) a annoncé jeudi avoir découvert pour la première fois des roquettes dans une de ses écoles de Gaza, bombardée depuis 10 jours par Israël pour y neutraliser le Hamas.

"Hier (mercredi), lors d'une des inspections régulières de ses bâtiments, l'UNRWA a découvert environ 20 roquettes cachées dans une école vide de la bande de Gaza. L'UNRWA condamne fermement le ou les groupes responsables d'avoir mis des armes dans l'une de ses installations", selon un communiqué de l'agence, précisant qu'il s'agit du "premier" incident de ce type.

Israël accuse le Hamas de cacher des armes dans des installations civiles et d'utiliser ainsi des "boucliers humains" pour expliquer le fort nombre de civils tués dans les frappes aériennes israéliennes destinées à neutraliser la capacité du mouvement palestinien à atteindre Israël avec ses roquettes.

Aucun membre de la famille de M. Shakoura n'était à l'intérieur des deux maisons au moment des raids israéliens. Selon le diplomate, les frappes aériennes ont eu lieu tôt jeudi matin, avant l'entrée en vigueur d'une trêve humanitaire à 07H00 GMT. La maison de ses enfants a été détruite par deux missiles tirés par un chasseur F-16, a-t-il précisé à l'AFP. La France est le seul pays européen à maintenir une antenne consulaire à Gaza.

Israël met en échec une tentative d'infiltration

L'armée israélienne a mis en échec jeudi une tentative d'infiltration sur son territoire d'un commando palestinien par un tunnel à partir de Gaza, et a tué l'un de ses membres, a indiqué un porte-parole. "Les forces israéliennes ont repéré environ 13 terroristes qui pénétraient en Israël en empruntant un tunnel construit par le Hamas", a-t-il ajouté en soulignant qu'elles avaient "mis en échec la tentative d'infiltration et une attaque terroriste majeure".

Ce tunnel aboutissait du côté israélien près du kibboutz (village collectiviste) de Sufa, dans le sud d'Israël. Une fois repéré les membres du commando ont été attaqués par les soldats et l'armée de l'air les contraignant à rebrousser chemin vers la bande de Gaza, a précisé le porte-parole dans un communiqué.

Au moins un des membres du commando a été tué, a ajouté le porte-parole en précisant qu'aucun soldat israélien n'avait été blessé. Aucune indication n'a été donnée sur les autres assaillants.

La branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a revendiqué cette "opération" et démenti avoir subi des pertes dans ses rangs. Les Brigades al-Qassam ont ajouté, dans un communiqué, qu'elles avaient achevé leur mission à 04H00 locales (01H00 GMT) avant de se replier via le tunnel. Elles n'ont pas précisé la nature de leur mission.

Le Liban porte plainte à l'ONU

Les Casques bleus belges présents dans le sud du Liban n'ont pas été directement visés par les récents tirs de l'artillerie israélienne contre le territoire libanais, a-t-on indiqué jeudi de source militaire à Bruxelles. Le Liban a déposé jeudi une plainte contre Israël auprès du Conseil de sécurité de l'ONU en raison "des violations dangereuses et répétées contre sa souveraineté".

Selon Beyrouth, son voisin du sud a tiré, entre le 11 et 14 juillet, 102 obus d'artillerie contre son territoire. Selon l'Agence France Presse (AFP), neuf roquettes ont été tirées à partir du Liban contre Israël sur la même période. La centaine de Casques bleus du contingent belge de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), basé à At Tiri, dans le sud du pays, n'a pas été directement visée, a assuré jeudi un porte-parole militaire à Bruxelles. Les militaires belges, qui sont chargés d'une mission de déminage à la frontière israélo-libanaise, ont toutefois été l'objet d'une "alerte bunker", qui les oblige à se rendre au plus vite dans l'abri le plus proche, a précisé le porte-parole, interrogé par l'agence BELGA. La Belgique prend part à la Finul depuis août 2006 après son renforcement à la suite du conflit qui a opposé le mouvement chiite libanais Hezbollah à Israël. Les Casques bleus belges se livrent désormais au déminage sur la "Blue Line" (la "ligne bleue), la ligne de démarcation entre Israël et le Liban fixée en 2000 par une résolution du Conseil de sécurité mais que l'Etat hébreu avait auparavant minée pour assurer sa sécurité.

RTBF, avec AFP

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