Un des pires drames à La Mecque: 717 morts dans une bousculade

Plus de 700 fidèles ont été tués et des centaines blessés dans une bousculade jeudi à Mina près de La Mecque, l'un des pires drames à frapper le grand pèlerinage dans le premier lieu saint de l'islam.

Depuis l'annonce le matin de cette tragédie, la plus meurtrière à endeuiller le hajj depuis 25 ans, le bilan des victimes n'a cessé de grimper.

La bousculade, qui coïncide avec l'Aïd al-Adha, la fête musulmane du sacrifice, s'est produite lors du rituel de la lapidation de Satan qui consiste, pour les pèlerins, à jeter des cailloux vers trois stèles le représentant. Un choc entre une marée humaine quittant l'une des stèles et une foule venant en sens inverse a provoqué le drame, selon un responsable du ministère de la Santé.

Des scènes insoutenables

Des opérations de secours sont en cours. Selon la Défense civile, six de ses équipes s'emploient sur le terrain à porter les premiers soins aux blessés et à diriger le flot de pèlerins vers des "routes alternatives". Les images du drame, filmées par un journaliste du Volkskrant sur place, sont terribles (âmes sensibles s'abstenir):

Dans la première réaction officielle, le ministre de la Santé Khaled al-Faleh avait attribué la bousculade au manque de discipline des pèlerins. "Si les pèlerins avaient suivi les instructions, on aurait pu éviter ce genre d'accident", a-t-il dit notamment à la télévision El-Ekhbariya après s'être rendu à Mina.

Plus prudent, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, le général Mansour Turki, a recommandé de "ne pas devancer les conclusions de l'enquête", ordonnée plus tôt par le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Nayef.

"Les raisons apparentes (de la bousculade) est qu'un grand nombre de pèlerins s'est trouvé en mouvement en même temps", a-t-il déclaré. "La grande chaleur et l'état de fatigue des pèlerins ont contribué au nombre important des victimes".

Selon le dernier bilan fourni par la défense civile, 717 personnes ont péri et 863 ont été blessées dans la bousculade.

Alors que la majorité des pèlerins sont des étrangers, l'Iran a fait état d'un bilan de 90 morts parmi ses ressortissants se trouvant sur place, attribuant la tragédie à des failles dans le dispositif de sécurité, un vice-ministre accusant Ryad "d'irresponsabilité".

Le grand mufti de Turquie, Mehmet Görmez, a indiqué que 18 pèlerins turcs étaient portés disparus.

Les autorités ont fermé les accès du lieu de l'accident. Quatre hôpitaux ont été réquisitionnés, ainsi que 220 ambulances et des hélicoptères.

L'Arabie saoudite avait cependant réalisé ces dernières années d'importants travaux d'infrastructure pour faciliter les mouvements des fidèles.

Et cette année, le royaume a mobilisé 100 000 policiers. Tout au long du hajj, le flot des pèlerins a été canalisé par les cordons des forces de sécurité et de volontaires distribuant eau et nourriture.

Didier Reynders adresse ses condoléances

Le Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a exprimé jeudi ses condoléances aux familles et aux gouvernements affectés par le mouvement de foule qui a eu lieu à Mina, près de La Mecque en Arabie saoudite, lors du pèlerinage du Hadj.

Dans un bref communiqué, le ministre a précisé que ses pensées allaient aux familles et aux amis des victimes de la catastrophe qui a causé plusieurs centaines de victimes.

A l'étranger, la Maison Blanche, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, la Turquie, la France et le président du Conseil européen Donald Tusk ont fait part de leur tristesse et présenté leurs condoléances. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, s'est dit "bouleversé".

Déjà en janvier 2006, 364 pèlerins avaient péri dans une bousculade sur les mêmes lieux. En 40 ans, les différents drames qui ont endeuillé le pèlerinage à la Mecque ont fait plus de 4000 morts.

"Jamaraat" et rite de la lapidation de Satan

Le jour de l'Aïd al-Adha, ou fête du Sacrifice, les pèlerins débutent sur le site de Mina, à quelques kilomètres de La Mecque, le rituel de lapidation de Satan. Il dure plusieurs jours, lors desquels les pèlerins jettent des pierres sur trois murs, appelés "jamaraat".

Les pierres sont traditionnellement collectées sur une plaine bien précise, près de Mina. Après divers incidents, les structures ont plusieurs fois été modifiées au fil des ans, les jamarat étant préalablement des piliers avant d'être changés en murs, notamment.

Le pont "Jamaraat", qui permet d'effectuer les jets de pierre depuis une position en hauteur, avait été reconstruit avec différents étages après le drame de 2006, lors duquel des centaines de pèlerins en étaient tombés dans une bousculade.

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