Avec un taux de vaccination frôlant les 50%, Israël rouvre une partie de son économie malgré les contaminations toujours élevées

Ce dimanche, Israël, qui a déjà vacciné près de 50% de la population, rouvre une large partie de son économie. Pourtant, le nombre quotidien de contaminations reste élevé, même s'il est en décroissance. Une situation qui illustre les fortes disparités qui existent entre populations, notamment les populations ultraorthodoxes, et les Palestiniens de Cisjordanie qu'Israël refuse de vacciner.

Pass vaccinal

Alors que les boutiques sont accessibles à tous, les accès aux salles de sport ou encore aux salles de spectacles seront limités aux personnes ayant un "pass vert" (un pass vaccinal), un sésame délivré par une application, destiné aux personnes ayant reçu les deux doses du vaccin. Disponible dès le 23 février, ce passeport vaccinal permettra aussi les voyages vers Chypre, suite à un accord entre les deux pays. La mise en place d'un droit de passage, et d'accès à certains services, lié à la vaccination est dénoncée par pas mal d'experts, qui y voient une atteinte dangereuse à la liberté.

Certaines restrictions sont encore en vigueur notamment la distanciation sociale et le fait que les lieux de cultes ne pourront accueillir que la moitié de leur capacité.

Selon le ministère de la santé israélien, au moins 45% de la population israélienne a reçu une première dose du vaccin Pfizer, indique Reuters. Le ministère israélien de la Santé a affirmé samedi que l’injection des deux doses du vaccin Pfizer/BioNTech était efficace à 95,8% contre la contamination par le coronavirus.

Les contaminations toujours importantes

Malgré cette campagne de vaccination massive, et les mesures de confinement jusqu’ici assez strictes, le nombre de contaminations reste élevé dans le pays, même si la courbe est descendante depuis plusieurs semaines.

Israël est en effet la proie de fortes tensions entre les instances religieuses et politiques. Une partie minoritaire de la population de juifs ultraorthodoxes refuse de suivre les règles de confinement : rassemblements religieux, mariages, funérailles et écoles ouvertes deviennent de potentiels foyers de contaminations.

De violentes manifestations ont notamment eu lieu à Bnei Brak, ville à grande majorité orthodoxe et très densément peuplée. De nombreuses familles, comptant beaucoup d’enfants y vivent dans la promiscuité, ce qui rend difficile le respect strict du confinement. De nombreux observateurs dénoncent des discours extrémistes de certains rabbins, encourageant à ne pas respecter les règles sanitaires.

Depuis le début de l’épidémie, les communautés ultra-orthodoxes sont plus touchées par le virus que le reste de la population israélienne. Selon des chiffres datant de début février, près d’un quart des nouvelles contaminations a lieu parmi les ultra-orthodoxes, alors qu’ils représentent 12% de la population. Le taux de positivité est également plus élevé.

Si leur réticence à se faire vacciner est plus prononcée, globalement, ils sont une majorité à se faire vacciner. “72% des personnes habitant des secteurs haredim et âgées de 60 ans et plus ont été vaccinées, soit seulement 8% de moins que la moyenne nationale pour cette catégorie d’âge” précise le site “The Times of Israël”. Le journaliste relève d’importantes disparités régionales, "ce qui laisse suggérer que la culture locale – et plus précisément le soutien apporté par les rabbins à la vaccination – joue un rôle déterminant"

Discrimination entre Palestiniens et colons de Cisjordanie

Alors que la population de Cisjordanie a difficilement encaissé sa seconde vague d'automne, en grande partie à cause d'un système de santé atrophié, Israël refuse toujours de vacciner les Palestiniens de cette zone occupée, malgré les demandes répétées de l’ONU. Actuellement, seuls les colons de Cisjordanie bénéficient de la campagne de vaccination israélienne, alors que la Croix Rouge a commencé la vaccination de Palestiniens depuis le 10 février 2021.

La Cisjordanie étant occupée, Israël est en effet censé s’assurer du bon fonctionnement et maintien des services médicaux et hospitaliers, selon l’article 56 de la convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre. Israël avance lui les accords d’Oslo de 1993, qui met la gestion des systèmes de soin de la population entre les mains de l’Autorité palestinienne.

Plusieurs organisations humanitaires dénoncent cette situation, Amnesty International parlant de "discrimination institutionnalisée", "reflet de la politique du gouvernement israélien vis-à-vis des Palestiniens." Sous la pression, Israël a promis d'envoyer 5000 vaccins aux Palestiniens, mesure plus symbolique qu'autre chose.

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