Une ferme improvisée au cœur de l'Europe pour une politique agricole cohérente

Un jeune agriculteur en colère lors d'une manifestation près du Berlaymont en septembre 2015
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Un jeune agriculteur en colère lors d'une manifestation près du Berlaymont en septembre 2015 - © Belga

Ce lundi 14 mars, une ferme éphémère verra le jour au quartier européen de Bruxelles, près du Parlement européen et de la gare de Bruxelles-Luxembourg. Les agriculteurs rejoindront Bruxelles, à pied ou en tracteur à 10h, et proposeront des produits issus de leur travail dans la ferme improvisée. Il faut donc certainement s'attendre à certains embarras de circulation ce lundi matin, mais ils ne seront pas de grandes envergures, le but n'étant pas de bloquer la circulation. Pour limiter les nuisances des automobilistes, seuls les fermiers proches de Bruxelles sont appelés à venir en tracteurs.

Un revenu décent et une politique cohérente

A l'initiative de rassemblement, plusieurs associations agricoles de Wallonie, Flandre et Picardie (Nord de la France). Cette mobilisation se déroule en marge du Conseil européen de l'Agriculture, où les 28 ministres européens de l'Agriculture se réuniront pour tenter de trouver des solutions à la crise agricole européenne, tout spécialement dans les secteurs du lait et du porc.

De son côté, le MIG, groupement de producteurs laitiers, organise une action parallèle. "Plusieurs centaines" d'agriculteurs pourraient y prendre part, a indiqué un administrateur du MIG à l'agence Belga.

Il y aura également des rassemblements avenue de la Toison d'Or pour une action anti-TTIP et devant la Direction Générale de l'Agriculture rue de la Loi vers midi.

Les revendications s'articulent autour de deux points : un revenu décent pour les agriculteurs, et une politique agricole cohérente, selon un communiqué de la FUGEA (Fédération Unie de Groupements d'Eleveurs et d'Agriculteurs), la FWA (Fédération wallonne de l'Agriculture) et l'UAW (Union des Agricultrices wallonnes).

Une meilleure régulation des prix

"Les agriculteurs respectent les normes imposées par l'Europe, des normes qui ont un coût. Mais elle ne crée par le cadre qui permet à ses agriculteurs de percevoir le juste prix de leur travail" expliquent-ils. Depuis la suppression des quotas laitiers, les prix au litre de lait se sont littéralement effondrés sous la pression de la surproduction. Selon des calculs de la Région wallonne et relayés par la FUGEA, un agriculteur laitier aurait besoin de 41 centimes par litre pour gagner sa vie… et il n'en gagne que la moitié.

"Il n’existe plus d’outil efficace qui permette de soutenir les prix des denrées agricoles. Nous demandons d’urgence un relèvement des niveaux d’intervention " soulève le communiqué, réclamant une plus grande régulation de l'agriculture européenne.

Un plus grand soutien des associations agricoles

Les ministres flamands et wallons en charge de l'Agriculture, Joke Schauvliege et René Collin, se sont accordés sur une position belge commune. Dans un communiqué, ils annoncent demander "des mesures pour soutenir les associations de producteurs de porc et de lait" et que ces associations reçoivent "des moyens pour renforcer la position du producteur et viser un meilleur équilibre entre offre et demande."

Des mesures qui doivent être couplées à "une réduction temporaire, volontaire et compensée de l'offre au niveau européen" et à un dégagement "de moyens supplémentaires permettant la mise en œuvre des mesures de crise."

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