Un budget presque doublé pour les programmes Erasmus +

Evidemment l’époque n’invite pas au voyage.

Et aujourd’hui l’expression "partir en Erasmus" est difficile à entendre pour ceux qui ont dû renoncer à leurs projets d’échange à l’étranger, à cause des restrictions liées au Coronavirus. En 2020, ils devaient être 85.000 à faire l’expérience de l’un de ces échanges internationaux financés par l’Union européenne. Beaucoup n’auront pas pu partir ou auront, pour 55% d’entre eux dans l’enseignement supérieur, suivi à l’étranger la formation prévue… mais par voie virtuelle. Pas tout à fait le projet imaginé.

Mais quand ces restrictions de mouvement seront derrière le dos, les opportunités d’échanges seront élargies. Et qui sait, les étudiants de 2020 y trouveront peut-être un stage, un plan bis. Parce que ce programme Erasmus + est de plus en plus large.

Un budget presque doublé

La Commission européenne a adopté le programme Erasmus + pour 2021-2027, et son budget : les moyens pour ces échanges internationaux vont doubler.

Le budget s’élèvera à 26,2 milliards d’euros auxquels s’ajouteront 2,2 milliards d’euros d’une autre enveloppe, l'"instrument de coopération extérieure" de l’Union. En tout 28,4 milliards d’euros sont prévus, près du double du montant de la période budgétaire qui s’achève.

"Il existe peu de programmes aussi emblématiques de l’intégration européenne que ce programme Erasmus" souligne la Commissaire européenne Marya Gabriel en annonçant ce programme. "Dans la dernière enquête 'Eurobaromètre', les Européens sondés citent le programme Erasmus comme le résultat le plus positif de l’Union européenne après la libre circulation et la paix".

Depuis 1987, 10 millions d’Européens ont profité du programme Erasmus ou Erasmus +, dans l’un des 33 états du réseau. Cette nouvelle manne devrait encore en élargir le public.

Des profils plus diversifiés

Depuis 2014, ce qui était jusqu’alors un échange d’étudiants du supérieur s’est élargi. La commission veut poursuivre sur cette lancée, avec à la fois des programmes structurels et des appels à projets.

Pour la période 2021-2027, dès que les restrictions de mobilité seront allégées, il y aura à nouveau des échanges pour étudiants du supérieur, mais aussi pour des groupes d’élèves de secondaires et des échanges de professeurs. Il y aura des possibilités de faire des stages ou des formations professionnelles à l’étranger. Les échanges dans les filières du numérique seront développés. Le programme inclut également des possibilités de bénévolat dans un autre Etat.

La pandémie a aussi vu l’essor des "Erasmus virtuels": des programmes de débats en ligne aussi intenses qu’internationaux.

Pour encourager le voyage sans faire exploser l’empreinte carbone de ceux qui partent, la Commission veut lancer un supplément d’allocation Erasmus si les étudiants prennent les moyens de transport les moins polluants. Plutôt partir à Vienne ou à Rome en train qu’en avion.

Des moyens supplémentaires sont aussi prévus pour développer les échanges et projets internationaux entre maisons de jeunes, associations rurales ou clubs sportifs.

Rendre ces "Erasmus" véritablement tous publics sera en effet l’un des enjeux des 7 ans à venir. Puisque ces voyages apportent un bagage, des contacts, des langues utiles pour trouver un emploi et ouvrir des perspectives, ils devraient être davantage à portée des Européens défavorisés.

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