Carles Puigdemont à Bruxelles: "Je ne suis pas ici pour demander l'asile politique"

"Je ne suis pas ici pour demander l'asile politique. Ce n'est pas lié à la Belgique, mais à l'Europe. Il n'y a aucun lien avec la politique belge. Il est question de pouvoir agir ici en liberté et en sécurité", a déclaré ce mardi le président catalan destitué Carles Puigdemont lors d'une conférence de presse au sein du Press Club Brussels Europe, situé rue Froissart à Bruxelles, à deux pas des institutions européennes.

"Nous n'allons pas échapper à l'action de la justice. Nous ne voulons pas négliger notre responsabilité face à la justice", a-t-il ensuite précisé.

Interrogé sur d'éventuels contacts ou rencontres avec des membres de la N-VA, Puigdemont a de nouveau martelé : "Je ne suis pas ici pour faire de la politique belge ou pour mélanger des questions qui n'ont rien à voir. Je ne demande rien à la politique belge. Comme les autres pays, je suis ici en tant que membre de la politique européenne. Oui, il y a une sympathie, il y a des complicités, mais ce n'est pas d'aujourd'hui. Mais, non, ma présence ici n'a rien à voir avec la politique belge. Je veux être très clair, je veux rester neutre".

Appel à l'Europe "à réagir"

Alors, s'il est à Bruxelles, c'est pour mettre le problème catalan sous les projecteurs de l'Union européenne. L'avenir de la Catalogne est, dit-il, "un sujet européen que l'on peut ici mettre encore plus en évidence. On peut agir plus librement et sans menace ici".

Le président catalan destitué a par ailleurs appelé la communauté internationale, "et plus particulièrement l'Europe", à "réagir". Pointant, le "non-respect des valeurs fondatrices de l'Europe" – dont la "liberté", la "démocratie", la "non-violence"... –, Carles Puigdemont estime qu'il serait une erreur pour l'Union européenne de ne pas se positionner.

Un "engagement clair" de Madrid sur les prochaines élections

Enfin, il a également appelé le gouvernement espagnol, et plus particulièrement le Parti populaire du Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, à donner un "engagement clair" vis-à-vis du scrutin qui se tiendra le 21 décembre prochain en Catalogne.

"Nous, nous allons respecter le résultat des élections qui ont été convoquées pour le 21 décembre, quel que soit le résultat. Mais le gouvernement espagnol respectera-t-il le résultat ?", a lancé Carles Puigdemont.

Le leader catalan avait initialement demandé à s'exprimer au sein du Résidence Palace, mais ce bâtiment, géré par la Chancellerie du Premier ministre, a refusé sa venue, sans plus de précision.

Pas de demande d'asile politique pour le moment

Arrivé à Bruxelles ce lundi et accompagné par ses conseillers, Carles Puigdemont a choisi de faire appel à l'avocat belge Paul Bekaert, fort de 30 ans d'expérience en matière d'extradition et d'asile politique.

Ce dernier avait assuré qu'il n'était pas du tout question de demander l'asile. "Carles Puigdemont n'est pas là pour se cacher", mais plutôt pour "prendre du recul", avait-il expliqué.

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