Suède: l'équipe de hockey sur glace des réfugiés somaliens

Le programme d'intégration par le sport développé à Borlange fonctionne pour Hassan et beaucoup de Somaliens de Borlange.
Le programme d'intégration par le sport développé à Borlange fonctionne pour Hassan et beaucoup de Somaliens de Borlange. - © Tous droits réservés

Sur le terrain, c’est le jeune capitaine Hassan Farah qui mène la danse. Avec ses coéquipiers, ils forment la première équipe nationale somalienne de bandy basée en Suède. Ce sport, c’est l’ancêtre du hockey sur glace, très populaire en Scandinavie, mais largement inconnu en Somalie. Ce n’est pas ce qui a découragé les jeunes réfugiés, et leur équipe participe même au championnat mondial de bandy depuis trois ans. Ils n’ont jamais gagné jusqu’à présent, mais ils s’améliorent d’années en années.

Hassan, le capitaine, est arrivé en Suède dans la ville de Borlange il y a 6 ans. A 21 ans Hassan parle le somali, le suédois et l'anglais. Et il a le sentiment d'avoir deux cultures. "J'ai appris beaucoup de choses ici en Suède en grandissant: la culture, la langue. Et bien sûr je me sens un peu Suédois. Mais je me sens aussi Somalien... car je ressemble à un Somalien!"

Hassan a fui la guerre en Somalie avec sa famille.  Très jeune, il a vécu des expériences difficiles. Il a fui les bombes, il a souvent été déplacé. A Borlange, il a enfin une vie stable dans un quartier en périphérie de la ville, où vivent d'autres Somaliens. "Il y a quelques années, quand des Somaliens ont commencé à s'installer dans ces bâtiments, on a appelé ce quartier le petit Mogadiscio. Certains disent que c’est un ghetto. Et les gens croient que c'est un lieu dangereux, mais ce n'est pas dangereux, il fait bon vivre ici."

"Moins de fenêtres cassées"

L’équipe a été créée grâce à un entrepreneur suédois de Borlange il y a quelques années, afin d’aider les jeunes à s’intégrer dans la ville. Il faut dire que la Suède a une longue tradition d'accueil des migrants, et les initiatives d’intégration sont nombreuses dans le pays.

Mais l’arrivée massive des réfugiés a fragilisé cette politique. 163 000 réfugiés sont arrivés en 2015. Le pays compte près de 10 millions d'habitants.  Pour les Suédois de Borlange, accueillir les migrants n'est pas toujours facile. Dans la ville, il y a 3000 réfugiés somaliens pour 50 000 habitants. Et Borlange accueille des milliers de réfugiés d'autres nationalités, souvent rassemblés dans les mêmes quartiers.

L'intégration par le sport ne résout pas tous les problèmes. La ville le sait et propose d'autres activités comme des cours de langues ou des classes d'été. Ainsi, Hassan travaille également à la "sportotek", un endroit où il est possible de venir chercher du matériel de sport donné par des habitants. Cela fait partie du programme global d'intégration des autorités. Marcus Hjelm est coordinateur pour l'intégration dans la commune de Borlange : "Avant, ici, nous avions des fenêtres cassées, de la délinquance, des graffitis. Mais aujourd'hui, on voit que c'est devenu plus calme dans plusieurs zones et on voit que les jeunes ont des activités.  Ils peuvent essayer des choses qu'ils n'auraient pas pu faire autrement."

Le hockey sur glace… et le vélo

C'est grâce à cette initiative qu'Hassan a pu recevoir un vélo de course. Il est même initié à ce sport par son coach de hockey Lars Åke Östlin.  Aujourd'hui, il participe à sa première compétition amateur locale. Pour l’entraîneur, "ça c'est l'intégration, ici on parle vraiment d'intégration. Et j'espère que l'année prochaine, on aura 10 cyclistes originaires de Somalie, du Kurdistan ou d'autres pays."

Hassan est le premier participant somalien à la compétition locale. Les cyclistes suédois se disent contents de le voir ici, mais aussi rassurés de comprendre que l'immigration a des côtés positifs. Thomas Frisk est un des cycliste amateur suédois : "Beaucoup de réfugiés sont arrivés ici d'un coup. C'est difficile pour tout le monde, pour ceux qui viennent et pour ceux qui habitent déjà ici."

Le programme d'intégration par le sport développé à Borlange fonctionne pour Hassan et beaucoup de Somaliens de Borlange. Dès lors, une dizaine de villes en Suède ont décidé de s’inspirer de ce modèle et de l’appliquer pour mieux intégrer les réfugiés.

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