Stelios Kouloglou, Syriza: "On a presque complètement capitulé face aux créanciers"

Ce mardi matin, les dirigeants de la zone euro se veulent optimistes sur les chances d’un accord avec la grèce d’ici à la fin de la semaine afin d’éviter au pays un défaut de paiement. Stelios Kouloglou, eurodéputé grec du parti de gauche Syriza, le parti du Premier ministre Alexis Tsipras, était l’invité de Matin Première, pour en parler.

Lui aussi se veut optimiste. "C’était certain qu’on aurait un accord parce que personne ne voulait que la Grèce ne puisse pas rembourser. On va avoir un accord, c’est sûr. Le gouvernement grec a encore fait des concessions. On a presque complètement capitulé face aux créanciers", explique-t-il au micro de La Première.

Dans leurs dernières propositions, les Grecs ont mis sur la table une augmentation de la TVA et des taxes, un relèvement de l’âge de la pension. Soit des propositions qui rencontrent en grande partie les exigences des créanciers. L’eurodéputé de gauche le regrette. "Pour le moment, on n’a rien gagné. C’était le but des créanciers, c’était de faire capituler le gouvernement grec afin que d’autres électeurs européens ne changent pas l’austérité imposée par Bruxelles. Ce qu’on demandait ce n’est pas d’être différents des autres peuples européens, mais de modifier un peu une politique qui nous a conduit à la catastrophe. On nous demande d’augmenter la TVA sur l’électricité, mais en Grèce il y a 300 000 foyers qui n’ont pas d’électricité du tout…"

Et de s’interroger : "Les élections valent-elles la peine ? Si les électeurs veulent un peu changer la politique, peut-on le faire ou pas ? A quoi ça sert les élections ?"

"La Grèce pourrait aller vers une nouvelle crise politique"

Stelios Kouloglou met également en garde : si Alexis Tsipras n’obtient rien des créanciers, la Grèce va vers une nouvelle crise politique. "En coulisses, on dit que la dette grecque n’est pas soutenable. Il faut donc résoudre ce problème. Sinon on aura toujours le même problème. Tsipras va avoir beaucoup de difficultés à faire passer les accords dans son propre parti et ça va provoquer une nouvelle crise politique qui n’est ni favorable aux Grecs ni aux créanciers".

Mais une restructuration de la dette est un sujet tabou, notamment pour l’Allemagne. "Parmi les créanciers il y a des différences entre le FMI – qui dit que la dette n’est pas soutenable – et Mme Merkel, donc ils se disputent entre eux. Il avait des querelles dans la réunion d’hier", explique l’eurodéputé.

"L'avenir, c'est l'Europe, pas la Russie"

Un reproche qui a été souvent fait aux Grecs par les Européens est de ne pas être dignes de confiance. Syriza se dit prêt à réformer, mais le fera-t-il ? "On va réformer le système d’administration publique, augmenter la perception des taxes et lutter contre l’évasion fiscale. Mais on a besoin de temps. Pour le moment, il y a une paralysie totale de l’économie, on ne peut pas faire des réformes avec un couteau sous la gorge", note le député européen.

La Grèce pourrait-elle se tourner vers la Russie ? "Non, il faut trouver des solutions en eurozone. Mais comme la grèce a des relations traditionnelles avec la Russie, on essaie de développer cette relation-là. Il n’y a pas de doute : l’avenir de la Grèce c’est l’Europe, pas la Russie. Il n’y a pas de plan B, on va rester, on va respecter l’accord mais on veut quelque chose pour l’avenir", conclut Stelios Kouloglou.

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