Sommet européen à Bruxelles : la politique migratoire et la loi hongroise sur la promotion de l’homosexualité divisent les 27

Les 27 chefs d’Etat et de gouvernements se réunissent en sommet ces jeudi et vendredi à Bruxelles pour discuter notamment de la relance dans le contexte de la pandémie de Covid-19, des relations difficiles que l’Union européenne entretient avec la Russie et la Turquie et d’un sujet qui divise, la politique migratoire européenne. La loi hongroise sur l’homosexualité qualifiée de "honte" par Ursula von der Leyen et décriée par les organisations de défense des droits humains s’invitera dans les discussions.

Quand un sujet fâche, il vaut mieux l’aborder petit bout par petit bout et, si possible, en commençant par ce qui divise le moins. Le débat au programme ce jeudi sera mû par ce principe. Les 27 vont en effet se concentrer sur les relations qu’ils entretiennent avec les pays tiers d’où viennent ou d’où transitent ces migrants. L’objectif est de débloquer la discussion. Le gros morceau, celui de la réforme de la politique d’asile, sera pour plus tard.

Pas de consensus assuré sur la reprise de sommets UE/Russie

Lors du sommet européen, les 27 pourraient ainsi décider de reprendre les sommets bilatéraux entre l’UE et la Russie qu’ils avaient abandonnés en 2014, suite à l’offensive russe en Ukraine. Une semaine après la rencontre à Genève entre le président américain Joe Biden et son homologue russe, Vladimir Poutine, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron jugent nécessaire d’organiser des rencontres avec la Russie pour traiter des sujets d’intérêt majeur pour l’Union, indique l’AFP. Cette proposition a été inscrite dans le projet de conclusions du sommet mais le consensus n’est pas assuré, ont précisé plusieurs délégations.

La loi de la honte

Un autre sujet pour en revanche provoquer une vive discussion au sein du conseil européen, celui relatif à la loi sur la promotion de l’homosexualité auprès des jeunes, adoptée par le parlement hongrois le 15 juin dernier. Cette législation a été qualifiée de "honte" par la présidente de la Commission européenne et de "mauvaise loi" par la chancelière allemande, Angela Merkel.

La loi hongroise interdit par exemple "la mise à disposition à des enfants de moins de 18 ans des contenus qui montrent ou encouragent la sexualité en elle-même, le changement de genre ou l’homosexualité". En Hongrie, une fois la loi promulguée, il ne sera par exemple plus possible de placarder des publicités qui montrent un couple d’homosexuels, de lesbiennes ou de regarder une série ou un film qui comportent ce genre de scène. Exit des chefs-d’œuvre comme le film d’Ang Lee, Brokeback Moutain ou des séries comme Friends.


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L’Allemagne n’est pas le seul pays à avoir réagi au nom des valeurs européennes. A l’initiative de la Belgique, 17 Etats membres ont exprimé leur vive inquiétude. Sans mentionner la Hongrie ni son Premier ministre Viktor Orban, la lettre déplore des "menaces contre les droits fondamentaux et en particulier le principe de non-discrimination en raison de l’orientation sexuelle" et rappelle l'"attachement à nos valeurs fondamentales communes, consacrées par l’article 2 du traité de l’UE". Elle a été publiée quelques heures avant le sommet européen. Les discussions s’annoncent tendues à Bruxelles.

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