Hollande remanie son gouvernement avec Jean-Marc Ayrault et s'adresse aux Français

Hollande remanie son gouvernement avec Jean-Marc Ayrault et s'adresse aux Français
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Hollande remanie son gouvernement avec Jean-Marc Ayrault et s'adresse aux Français - © STEPHANE DE SAKUTIN - AFP

Au comble de l'impopularité, François Hollande a rappelé jeudi les écologistes au gouvernement pour tenter d'élargir sa base politique à 15 mois de la présidentielle, tandis que l'ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault, nommé aux Affaires étrangères, fait son retour.
 

Sécurité, emploi et écologie, les priorités du nouveau gouvernement

Dans un entretien télévisé jeudi soir, le président français a fixé la sécurité, l'emploi et l'environnement comme les "trois grandes priorités" du nouveau gouvernement Valls. Il a assuré que la nouvelle équipe devrait "agir" et "réformer" d'ici 2017.

"Je lui ai assigné trois priorités: la première, c'est protéger les Français. Je voulais que la seconde priorité soit l'emploi" et, "enfin, je veux que la troisième priorité soit en rapport à ce grand accord que nous avons signé, la COP21, l'écologie, l'environnement, la transition", a déclaré le chef de l'Etat sur TF1 et France 2.

Interrogé sur le fait de savoir si c'était un gouvernement pour réformer ou pour préparer la présidentielle de 2017 en France, M. Hollande a répondu que ce serait "un gouvernement qui doit agir, qui doit réformer, qui doit avancer. C'est vrai qu'il est élargi, mais il doit garder sa cohérence", a-t-il ajouté.

Référendum sur un aéroport controversé

Le président François Hollande a aussi annoncé jeudi son souhait que soit organisé d'ici au mois d'octobre "un référendum local" sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, pour sortir du "blocage" sur ce dossier.

"A un moment, il faut prendre une décision. Nous savons que des travaux doivent commencer au mois d'octobre, et bien, d'ici le mois d'octobre, je demande au gouvernement, avec les élus locaux qui partagent cette vision-là, d'organiser un référendum local pour que l'on sache exactement ce que veut la population", a dit François Hollande à la télévision.

Syrie: Hollande demande à Moscou de changer de politique

François Hollande a demandé à la Russie de cesser de soutenir le régime syrien qui massacre selon lui une partie de son peuple et provoque un exode. La France souhaite que Bachar al Assad quitte le pouvoir, a déclaré une nouvelle fois le chef de l'Etat sur France 2 et TF1, ajoutant qu'"en ce moment, aidé par les Russes, il agit et massacre une partie de son peuple". "Je ne peux pas admettre ces choix", a poursuivi François Hollande. "Nous sommes devant une situation où il y a des risques très sérieux et je demande que les actions russes puissent s'arrêter parce que nous avons aujourd'hui des milliers de personnes qui sont déplacées sous les bombardements ". 

"Il faut lutter contre le terrorisme, nous le faisons. Nous devons faire en sorte que Bachar Al-Assad quitte le pouvoir et en ce moment, il agit et massacre une partie de son peuple même s’il lutte aussi en partie contre les terroristes. On ne peut pas admettre cela. La France doit lutter, il faut négocier. Il faut arriver à la négociation avec le régime. Elles doivent aboutir à des élections."

Une "flexisécurité à la française" pour entreprises et salariés

François Hollande a souhaité mettre en place une "flexisécurité à la française" instaurant "une souplesse" pour permettre aux entreprises d'embaucher et "une sécurité pour les salariés qui peuvent connaitre des mutations". Interrogé sur le chômage qui ne cesse d'augmenter, comme la dette, le président de la République s'est défendu de vouloir agir "par calcul politique".

Concernant le chômage, "il est là et il augmente. Et même si le rythme de la progression est moins élevé, c’est insupportable", a-t-il dit, en rappelant la prochaine réforme du code du travail, préparée par la ministre Myriam El Khomri.

"La durée du travail, le contrat de travail, le smic, tout cela fait partie de nos fondamentaux mais c’est vrai que c’est trop lourd", a-t-il dit. François Hollande a souhaité "souplesse et sécurité: souplesse pour les entreprises pour embaucher, et sécurité pour les salariés qui peuvent connaitre des mutations".

Cela se traduira, a-t-il poursuivi, "par une loi qui va donner aux entreprises les moyens de pouvoir s'adapter. Les accords d’entreprise auront plus de place et on va introduire les référendums d’entreprise" à l'initiative des syndicats, a-t-il ajouté, confirmant les récentes annonces de Mme El Khomri.

"Ce sera une 'flexisécurité' à la française cette fois-ci. Nous pouvons instaurer un modèle au-delà de 2017", a-t-il assuré, évoquant aussi son engagement à former "500 000" chômeurs supplémentaires.

Il s'est défendu de vouloir faire baisser les statistiques du chômage d'ici le scrutin de 2017. Une formation "ne dure pas pendant 14 mois" mais pendant "un mois, deux mois, trois mois". "Là aussi je n’ai pas de calcul, mais il faut en terminer avec situation française où la durée du chômage est la plus longue et la durée des formations proposées est la plus courte", a-t-il ajouté.

"Entre ceux qui veulent ne rien faire, et ceux qui veulent tout défaire, nous allons bien faire", a-t-il dit.

Baisse des cotisations sociales immédiate "pour l'ensemble des agriculteurs"

Le président François Hollande a aussi annoncé une baisse des cotisations sociales immédiate pour "l'ensemble des agriculteurs".

"Le Premier ministre, va annoncer avant le 17 février une nouvelle baisse des cotisations sociales, tout de suite, pour l'ensemble des agriculteurs", a-t-il dit sur TF1 et France 2. "Elles vont baisser, on a déjà fait baisser" ces cotisations, a-t-il souligné.

Jean-Marc Ayrault remplace Laurent Fabius

Laurent Fabius parti à la présidence du Conseil constitutionnel, un remaniement ministériel était écrit dans les astres. Et la désignation du remplaçant devait se faire rapidement. Désormais c'est officiel, Jean-Marc Ayrault remplacera Laurent Fabius au Quai d’Orsay.

"Laurent Fabius a fait du très bon travail. Nous avons bien agi sur les sujets dont on a parlé, on aurait aussi pu parler du nucléaire iranien, d'un accord pour lutter contre les terroristes en Afrique, de la COP21, a aussi commenté François Hollande. J’ai pris Jean-Marc Ayrault parce qu’il a l’expérience : il a été un bon Premier ministre et sera un bon ministre des affaires étrangères. J e ne pouvais pas prendre le moindre temps pour former un ministre. J’ai gardé Jean-Yves Le Drian (à la défense) qui est le mieux placé pour gérer les dossiers qui le concernent."

Les écologistes à nouveau dans le gouvernement français

Les nouveaux ministres et secrétaires d’État sont au nombre de cinq. Jean-Michel Baylet (président du Parti radical de gauche) est nommé à l'Aménagement du Territoire, la Ruralité et les Collectivités territoriales. Audrey Azoulay se voit attribuer la Culture la Communication. Suivent les écologistes: Emmanuelle Cosse (secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts) sera en charge du Logement et de l'Habitat durable. Jean-Vincent Placé devient secrétaire d’État chargé de la réforme de l’État, et Barbara Pompili, secrétaire d’État chargée des relations internationales sur le climat, chargée de la diversité.

Deux ministres quittent le gouvernement: Marylise Lebranchu (Fonction publique) et Fleur Pellerin (Culture).

Le départ de Laurent Fabius marque le premier signal d'un remaniement attendu que François Hollande prépare en vue de l'élection présidentielle de 2017.

Dans la perspective de ce scrutin, le chef de l’État cherche à élargir sa majorité gouvernementale sans renier ses orientations libérales et sécuritaires, contestées à gauche.

Beaucoup d'appelés

Pour lui succéder, beaucoup de noms avaient circulé ce début de semaine, parmi lesquels l’ancien ministre des affaires étrangères Hubert Védrine, l’ancienne ministre des affaires européennes Elisabeth Guigou, le secrétaire d’État au commerce extérieur Matthias Fekl, le ministre des finances Michel Sapin, et enfin la ministre de l’environnement Ségolène Royal. C'est finalement l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault qui remporte la palme.

Laurent Fabius devient pour sa part le XXème président du Conseil constitutionnel. Rue Montpensier, Laurent Fabius retrouvera l’ex-président, Valéry Giscard d’Estaing, mais aussi son meilleur ennemi, qui fut également Premier ministre: Lionel Jospin. Une rivalité unit les deux hommes depuis 1990.

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