Premier discours sur l’état de l’Union d’Ursula von der Leyen. Cap vers l’Europe post-covid

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, fait sa rentrée ce mercredi 16 septembre. Elle va prononcer son discours sur l’état de l’Union, son premier depuis son élection l'année dernière. Face aux eurodéputés, Ursula von der Leyen va présenter ses grands projets pour l’année à venir. C’est un moment clé dans la vie politique européenne.

Un discours à la visibilité encore réduite

Ce discours marque la rentrée de la Commission européenne, l'exécutif européen comme on le nomme parfois un peu erronément puisque l'Union européenne n'est pas un état fédéral comme les Etats-Unis… où il y a aussi d’ailleurs cette tradition du discours sur l’état de l’Union. Et la comparaison est intéressante.

Aux Etats-Unis, c’est un moment très solennel. Une fois l’an, en janvier-février, le président américain présente ses priorités à la Nation depuis le Capitole. Face à lui, les représentants des pouvoirs législatif et judiciaire. Et derrière leurs écrans de télévision, des dizaines de millions d’Américains qui regardent l’événement diffusé en soirée, à une heure de grande écoute.

En Europe, l’événement est beaucoup plus confidentiel. Déjà, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, s’exprimera en milieu de matinée, en pleine semaine, face à un parlement européen, qui n’a pas toujours fait le plein par le passé. Et les télévisions européennes qui diffuseront le discours en direct ne doivent pas être bien nombreuses…

Un exercice d’équilibriste

Pourtant, il ne faudrait pas sous-estimer l’influence d’Ursula von der Leyen. C’est vrai qu’elle n’est pas à la tête d’un Etat fédéral, comme le sont les Etats-Unis. Mais en tant que présidente de la Commission, elle fixe le cap politique de son institution. La Commission qui, rappelons-le, est la seule à pouvoir proposer des législations au sein de l’Union ; la Commission qui met en œuvre les politiques et le budget de l’Union européenne. Ce n’est pas rien.

Voilà pourquoi son discours est très attendu. Il sera décortiqué mot à mot partout dans l’Union. C’est un exercice d'écriture extrêmement délicat, à l'équilibre subtil, minutieusement préparé… depuis des semaines et jusqu’à la dernière minute. Ursula von der Leyen, que d'aucuns qualifient d'omniprésente, d'omnipotente, a ici consulté tous azimuts. Avant de rédiger son discours avec sa garde rapprochée, elle a vu toutes les directions générales de la Commission, les représentants des groupes politiques du Parlement européen, les diplomates des 27 états membres, mais aussi des experts, des académiciens.

 

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© Belga

La transition écologique pour une Europe post-Covid

Les grands axes du discours sont connus. Face à la récession provoquée par le coronavirus, la transition écologique de l'Union reste une priorité fondamentale. Ursula von der Leyen voudrait relever les objectifs climatiques européens. Les réductions de gaz à effet de serre ne seraient plus de 40% mais de 55 % d’ici à 2030, une étape importante sur la route vers la neutralité carbone en 2050.

Attendez-vous aussi à repérer quelques mots précis lors du discours d’Ursula von der Leyen. En particulier, le mot " résilience ", la capacité à surmonter les chocs. Ça vaut évidemment pour la pandémie de Covid-19 en Europ. Ça vaut aussi dans les relations de l’Union avec deux voisins turbulents : le risque d'affrontements avec la Turquie ; le risque d'un dérapage incontrôlé du Royaume-Uni dans la dernière ligne droite du brexit.

Ajoutez-y, la Russie, la Chine et les Etats-Unis, mais aussi la question migratoire, et vous avez là, les grands défis internationaux qui attendent Ursula von der Leyen et son concept d’Union géopolitique, une Union européenne qui défend sa souveraineté sur la scène internationale.

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