Qui était Larossi Abballa? Le meurtrier présumé du policier et de sa compagne en France

Ce français âgé de 25 ans, abattu cette nuit par les policiers du Raid, avait déjà été condamné dans un dossier de terrorisme.
Ce français âgé de 25 ans, abattu cette nuit par les policiers du Raid, avait déjà été condamné dans un dossier de terrorisme. - © STR - AFP

L'auteur présumé du double meurtre d'un policier et de sa compagne hier soir près de Paris, s'appelle Larossi Abballa. Ce français âgé de 25 ans, abattu cette nuit par les policiers du Raid, avait déjà été condamné dans un dossier de terrorisme.

Dans une vidéo publiée sur Facebook depuis la maison de ses victimes, et rapidement désactivée ensuite, il s'est revendiqué du groupe terroriste Etat Islamique. Une revendication confirmée quelques heures plus tard par le groupe terroriste.

Condamné pour participation à une filière terroriste

Arrêté en 2011, Larossi Abballa avait été condamné en 2013 à trois ans de prison, dont six mois avec sursis, pour participation à une filière d'acheminement de djihadistes vers le Pakistan et l'Afghanistan. L'enquête avait mis au jour le profil inquiétant du jeune homme, connu jusque-là pour des faits mineurs de droit commun (vol, recel).

Il avait été libéré après le jugement en raison du temps passé en détention préventive. "Pendant son incarcération, il s'est livré à des actes de prosélytisme d'islamisme radical" et avait été remarqué pour cela par l'administration pénitentiaire, a déclaré le procureur de la République de Paris François Molins lors d'une conférence de presse ce mardi en début d'après-midi. Sorti de prison en septembre 2013, il habitait seul à Mantes-la-Jolie, près du commissariat dans lequel travaillait la fonctionnaire de police tuée, et où travaillait également son compagnon avant d'être muté. Connaissait-il ses victimes? L'enquête devra le déterminer.

L'homme avait un autre antécédent judiciaire: ayant récemment pris contact avec un homme parti en Syrie, il avait été placé en 2016 sous écoute téléphonique. "Ces interceptions téléphoniques n'avaient pas à ce jour mis en évidence le moindre élément permettant de déceler la préparation d'un passage à l'acte violent" a encore affirmé François Molins. 

Des perquisitions ont eu lieu à son domicile et trois membres de son entourage ont été placés en garde à vue ce matin. 

"Nous allons faire de l'Euro un cimetière"

Dans la vidéo publiée sur Facebook, Larossi Abballa a appelé à mener de nouvelles attaques, a rapporté mardi un journaliste qui l'a visionnée avant qu'elle soit désactivée. Selon ce journaliste de RFI, David Thomson, la vidéo postée sur Facebook "a été vue par 98 personnes avant d'être retirée 11 heures après sa diffusion".

"Très calme et souriant", Larossi Abballa, fiché pour radicalisation islamiste, a posté quelques minutes après les assassinats une vidéo en direct sur Facebook "dans laquelle il semble lire un message écrit plus tôt", explique David Thomson, auteur d'un livre "Les Français jihadistes".

Sur la page de ce compte ouvert sous le pseudo Mohamed Ali, "il commence son enregistrement en prêtant allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi (chef du groupe Etat islamique) puis il s'adresse aux musulmans leur affirmant que le djihad est obligatoire parce qu'il est défensif", poursuit M. Thomson.

Appel à de nouvelles attaques

Filmé à l'intérieur de la maison de ses victimes alors que leur enfant s'y trouve encore, "il dit avoir tué un policier et sa femme". Puis il enjoint "à attaquer des policiers, des journalistes, des personnalités publiques, des gardiens de prison et des rappeurs", poursuit le journaliste, précisant qu'"une dizaine de personnalités publiques" sont citées. Cette liste de cibles a été trouvée par les enquêteurs au domicile des victimes.

"Nous allons faire de l'Euro un cimetière", menace Larossi Abballa, quatre jours après le début du championnat de football en France. Puis, "il demande à ses 160 abonnés et plus particulièrement à ses contacts de l'EI de faire le communiqué de revendication de son attaque, ce qui explique la rapide revendication par l'EI via l'agence Amaq", explique David Thomson, qui faisait partie de ses abonnés sans le connaître personnellement.

Toujours sur ce compte Facebook, il a posté des photos de ses victimes.

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