Polémique sur l'homosexualité : le Premier ministre luxembourgeois boycotte les adieux de l'ambassadrice d'Israël

Le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel a boycotté la réception d’adieu de l’ambassadrice d’Israël auprès de la Belgique et du Grand-Duché du Luxembourg. Il a voulu ainsi manifester son désaccord profond avec les propos tenus par un ministre israélien qui a affirmé soutenir la thérapie de conversion visant à "guérir" les homosexuels. L’affaire provoque un froid avec le gouvernement israélien, qui avait immédiatement pris ses distances avec les propos controversés du ministre de l’Education.

Selon une chaîne de télévision israélienne, Xavier Bettel a informé en dernière minute l’ambassadrice à Bruxelles Simona Frankel de son absence lundi soir. Le chef du gouvernement luxembourgeois a expliqué que, bien qu’il la respecte personnellement, il n’était pas en mesure d’assister à un événement officiel israélien tant qu’un ministre de ce gouvernement appuierait ouvertement la thérapie de conversion homosexuelle. Xavier Bettel est lui-même ouvertement homosexuel. L’annulation de l’invité d’honneur du dîner a provoqué une gêne durant la réception. La chaise de Xavier Bettel est restée vide en tête de table, selon des témoins cités par la télévision israélienne.

Rafi Peretz recommande la thérapie de conversion

Lors d’une interview télévisée, le ministre israélien de l’Education, le sioniste religieux Rafi Peretz, avait expliqué avoir recommandé la thérapie de conversion à des étudiants. Il s’est dit témoin de la possibilité de changer l’orientation sexuelle des homosexuels. Ce traitement est critiqué par les spécialistes qui le jugent dangereux. Ces propos ont provoqué un tollé en Israël. Des manifestants ont exigé la démission de Rafi Peretz.

Dans le même entretien, Rafi Peretz avait également soutenu le projet d'annexer la Cisjordanie occupée sans donner aux Palestiniens le droit de vote. A la question de la journaliste qui qualifiait son projet d'"apartheid", le ministre a répondu que l'Etat d'Israël prendrait soin de "tous" les besoins des Palestiniens "mais sans leur donner le choix de déterminer la réalité politique".

Les propos du ministre de l’Éducation au sujet de la communauté gay ne reflètent pas la position du gouvernement que je dirige

Pour calmer les esprits, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a publié une mise au point : " Les propos du ministre de l’Éducation au sujet de la communauté gay sont inacceptables pour moi et ne reflètent pas la position du gouvernement que je dirige ", a-t-il dit dans un communiqué. " J’ai parlé ce soir avec le rabbin Rafi Peretz, qui a dit clairement que le système éducatif israélien continuera à accepter tous les enfants d’Israël, quelle que soit leur orientation sexuelle. "

Le ministre de l’Education lui-même a fait une courbe rentrante, affirmant avoir été mal compris. " Je n’ai pas dit que j’étais en faveur de la thérapie de conversion ", a-t-il assuré.

Réaction à Jérusalem

Ces précisions n’ont pas dissuadé le Premier ministre luxembourgeois de provoquer un incident avec Israël, dont il s’était montré proche par le passé. Son absence au dîner de l’ambassadrice à Bruxelles a fait réagir un autre membre du gouvernement israélien. Le ministre de la Justice Amir Ohana s’est adressé sur Twitter à Xavier Bettel : " Hier, vous avez boycotté un événement en raison d’un commentaire inapproprié fait par un ministre israélien sur la thérapie de conversion. Ce commentaire a été dénoncé et fermement condamné par de nombreuses personnes, dont le Premier ministre @netayahu. "

Le ministre interpelle ensuite le chef du gouvernement luxembourgeois, en publiant deux photos : une de Xavier Bettel serrant la main du ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif et l’autre de pendaisons d’homosexuels en Iran. " Quand vous avez serré la main de @Zarif, étiez-vous conscient d’à quoi ressemble la thérapie en République islamique d’Iran ? " Amir Ohana signe son tweet en précisant qu’il est, lui aussi, " ouvertement gay, au passage ".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK