Nouvel attentat terroriste à Paris, il n'y a pas de hasard

Nouvel attentat terroriste à Paris, il n'y a pas de hasard
Nouvel attentat terroriste à Paris, il n'y a pas de hasard - © ALAIN JOCARD - AFP

Une chronique de Pierre Marlet


On dit souvent qu’il n’y a pas de hasard ! Que l’histoire se répète ou balbutie… J’étais à Paris en ce sinistre jour de janvier 2015 où 11 personnes meurent victimes de la liberté d’expression.

Aujourd’hui, la France revit ce drame depuis trois semaines à la cour d’assises spéciale de Paris : les survivants, les témoins, les policiers témoignent souvent de manière poignante le chaos de ces terribles journées. La société attend que justice se fasse, les familles des victimes espèrent un apaisement de ce procès, les autorités cherchent à éclairer quelques zones d’ombre sur ce qui s’est passé durant ces trois jours à Paris qui se terminent à l’hyper kasher et ont débuté dans les locaux de Charlie Hebdo, rue Nicolas Appert.

Coïncidence ou...

Et voilà qu’en plein procès, en ce 25 septembre 2020 survient une nouvelle attaque au même endroit. Coïncidence de temps, coïncidence de lieu. Certes, le bilan n’est pas comparable mais on comprend l’émoi considérable que cela suscite…

À nouveau, ce sont des journalistes qui sont visés. Ceux de Premières lignes qui produisent l’émission d’enquête Cash investigation. Ils sont dans le même bâtiment que les locaux de Charlie Hebdo… Lorsque je m’étais rendu sur place il y a 5 ans, j’avais pris le boulevard Voltaire et j’en étais revenu par le boulevard Beaumarchais. Deux figures marquantes de la liberté d’expression.

Voltaire écrit qu’un livre ne ferait jamais de mal au monde, Beaumarchais proclame que sans liberté de blâmer, il n’y a pas d’éloge flatteur… Décidément, il n’y a pas de hasard…

Climat délétère

Il y a 2 jours, 90 médias français signaient de concert un texte pour défendre la liberté d’expression. Parce que Charlie Hebdo était à nouveau menacé par Al Qaïda pour avoir republié les caricatures de Mahomet à l’occasion du procès. Une démarche historique et tristement nécessaire estiment les auteurs du texte. Parce que bien loin de la jolie bouffée d’oxygène de la grande manif du 12 janvier 2015 au nom de " Je suis Charlie ", le climat est aujourd’hui délétère. "La violence des mots s’est peu à peu transformée en violence physique" dit ce texte qui se veut une tribune de la liberté d’expression. On peut aussi y lire : "certains d’entre vous sont menacés de morts sur les réseaux sociaux quand ils exposent des opinions singulières. Des médias sont ouvertement désignés comme cibles par des organisations internationales".

Puis la vie va reprendre 

Non, il n’y a pas de hasard : ce texte a été publié il y a 2 jours… Et une nouvelle attaque a surgi au cœur de la ville lumière, faisant deux blessés. Heureusement, cette fois, les choses paraissent sous contrôle : deux suspects interpellés, le parquet antiterroriste saisi, les autorités sur place. Puis la vie va reprendre ; au procès, après une courte suspension, l’audience a repris, sans qu’il y ait la moindre allusion à ce qui s’est déroulé dans le 11e arrondissement de Paris. Sans doute la seule réponse possible pour chasser la peur face à ceux qui veulent empêcher de vivre, d’écrire et de penser en toute liberté…

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