Sommet européen pour éviter le Brexit: le premier tour de table est terminé

La photo de famille des participants au sommet
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La photo de famille des participants au sommet - © JOHN THYS - AFP

La première session de travail sur l'accord que les 28 chefs d’État et de gouvernement de l'UE veulent conclure sur la question britannique s'est terminée jeudi vers 20h00 pour laisser place au dîner sur la migration.

Ce premier tour de table devait être l'occasion pour tous les dirigeants européens de réaffirmer leurs positions et lignes rouges par rapport au texte négocié depuis plusieurs semaines pour répondre aux demandes britanniques formulées par le Premier ministre David Cameron. Celui-ci souhaite redéfinir la relation de son pays avec l'Union européenne en vue du référendum qu'il a promis à la population anglaise pour avant l'été.

Le Premier ministre britannique s'est montré très combattif, tandis que plusieurs dirigeants européens, dont le Belge Charles Michel, défendaient l'intégration européenne et l'idée d'une Union où ceux qui le veulent doivent pouvoir continuer à avancer, selon une source européenne.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a prévu de rencontrer David Cameron en bilatérale après le dîner, ce qui donnera une vue plus claire de la suite des opérations.

Des sources européennes avançaient que les sherpas (les experts) continueraient à travailler sur les textes toute la nuit et que les dirigeants se retrouveraient vendredi matin pour continuer la discussion.

"Ça passe ou ça casse"

Le président du Conseil européen Donald Tusk avait averti auparavant que "ça passe ou ça casse" en évoquant les négociations. Le Premier ministre britannique David Cameron a  pour sa part averti, dès son arrivée au sommet, qu'il n'accepterait pas un accord "qui ne réponde pas aux besoins" du Royaume-Uni.

"Nous sommes au milieu de négociations encore très difficiles et sensibles sur la question du Royaume-Uni", a déclaré Donald Tusk avant le début d'un sommet européen visant à arracher un compromis sur les demandes de réformes du Premier ministre britannique David Cameron. "Mais une chose est claire à mes yeux: à ce sommet, ça passe ou ça casse", a-t-il résumé.

Donald Tusk, qui préside ce sommet, chapeaute depuis des mois les négociations entre David Cameron et les 27 autres dirigeants de l'Union européenne en amont d'un référendum sur l'appartenance de la Grande-Bretagne au bloc des 28, qui pourrait être organisé dès le mois de juin.

Il n'a pas hésité à dramatiser l'enjeu ces derniers jours, disant n'avoir "aucune garantie" que les chefs d’État et de gouvernement trouveront un accord lors de leur sommet jeudi et vendredi, et jugeant que "le risque d'un éclatement" de l'Union "est réel".

Jean-Claude Junker se dit conscient

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s'est lui montré optimiste jeudi matin, se disant "assez confiant" sur les chances de parvenir d'ici à vendredi à un accord des 28 sur les réformes demandées par David Cameron. Ce dernier souhaite en particulier limiter l'immigration de travail intra-européenne et obtenir des garanties sur l'approfondissement de la zone euro.

Le réponse de Cameron

Le Premier ministre britannique David Cameron avait averti à son arrivée au sommet européen qu'il n'accepterait pas un accord "qui ne réponde pas aux besoins" du Royaume-Uni. "Ça va être difficile. Je vais me battre pour la Grande-Bretagne. Si nous pouvons obtenir un bon accord alors j'accepterai. Mais je n'accepterai pas un accord qui ne réponde pas à nos besoins".

Charles Michel: conclure un accord, mais pas au détriment de l'UE

Il est important d'arriver à un accord pour que le Royaume-Uni reste au sein de l'Union européenne, mais cet accord ne doit pas se faire au prix du démantèlement du projet européen, a déclaré le Premier ministre belge Charles Michel à son arrivée au sommet. D'autres dirigeants européens sont allés dans le même sens.

"Je veux tout faire pour garder le Royaume-Uni à l'intérieur de l'Union européenne mais je vais aussi défendre mes convictions européennes, les valeurs européennes de la Belgique", a commenté Charles Michel, appelant à "ne pas permettre une longue saga". "Après, ce sera au peuple britannique de faire un choix", a-t-il ajouté.

Les contacts bilatéraux ont déjà permis de faire évoluer le texte dans le bon sens, estime le Premier ministre, mais "ce qui est sur la table n'est pas encore suffisant à mes yeux".

L'accord ne doit pas non plus permettre d'affaiblir l'Union européenne. "Il faut renforcer la zone euro", a insisté Charles Michel. "Il ne serait pas acceptable que des pays hors de la zone euro mènent une stratégie contre la zone euro."

Un accord est tout à fait possible, pour le Premier ministre. "Il y a encore la capacité de faire des pas l'un vers l'autre à condition que chacun ait le sens des responsabilités", a-t-il dit.

Le président français François Hollande a lui aussi estimé qu'un accord était possible. "Possible parce que nécessaire", a-t-il d'ailleurs précisé. "Le Royaume-Uni doit rester dans l'UE mais aucun pays ne doit avoir de droit de veto ou se soustraire aux règles européennes", a-t-il poursuivi.

Le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel s'est dit convaincu que "le texte d'aujourd'hui est déjà meilleur qu'hier" et que "celui de demain sera encore meilleur". Il a cependant prévenu que "la non-discrimination et la libre circulation sont des principes fondamentaux qu'on ne peut pas mettre en jeu aujourd'hui".

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