Munich déjà sous menace terroriste le 31 décembre 2015

Dix morts au moins ce vendredi soir à Munich.
Dix morts au moins ce vendredi soir à Munich. - © MATTHIAS BALK - AFP

Alors qu'on ignore toujours les réelles motivations de l'auteur de l'attaque de ce vendredi soir à Munich qui a fait neuf morts, la ville de de Bavière était déjà dans le viseur des groupes terroristes. Le 31 décembre dernier, une alerte signalait la crainte d'un attentat lors des festivités du Nouvel an.

"Nous avons des éléments concrets, nous ne pouvons pas le nier", affirmait même un porte-parole des autorités locales. Du coup, l'ambiance généralement associée au réveillon est retombée lourdement. La police ayant invité les Munichois à éviter les rassemblements et d'utiliser certains transports en commun. La gare centrale et la gare de Pasing étaient même évacuées suite à un danger qualifié de "crédible".

"Crédible", car une information selon laquelle une menace planait sur l'Allemagne venait d'arriver de France. Paris sortait de l'attaque terroriste sans précédent du 13 novembre et les services de renseignements français (et américains) disposaient d'éléments solides quant à un passage à l'acte de l'autre côté du Rhin. Plus précisément, un commando de cinq à sept personnes liés au groupe terroriste Etat islamique prévoyait deux attaques suicides dans l'une des gares de la capitale bavaroise.

Des médias allemands ont même été plus loin dans le macabre scénario. Le journal populaire Bild, l'un des plus gros tirages en Europe, a évoqué l'organisation d'une attaque-suicide consécutive à une première, au moment de l'intervention des secouristes. A même été envisagée une fusillade de masse à la kalachnikov, comme devant les terrasses parisiennes.

Aucune interpellation à l'époque

Aucune attaque n'a finalement eu lieu à l'époque et la police n'a procédé à aucune interpellation parmi ce groupe de djihadistes dont on ignore l'existence réelle à ce jour. Mais les autorités allemandes n'ont voulu prendre aucun risque, d'autant que la ville d'Hanovre avait connu pareille alerte le 17 novembre 2015, quatre jours après les attentats de Paris.

Selon les dernières statistiques, l'Allemagne compterait un millier de radicaux considérés comme dangereux. Près de 300 citoyens allemands partis combattre en Syrie et en Irak sont déjà revenus dans le pays. La crainte de la présence de combattants parmi le flot de réfugiés accueillis par l'Allemagne (un million) ces derniers mois est grande.

L'auteur de l'attaque de ce vendredi soir faisait-il partie de ces "returnees" ou ces faux réfugiés? Difficile à dire vu son profil. L'individu est iranien donc de culture chiite, courant religieux musulman ciblé par le groupe terroriste Etat islamique. L'homme s'est également lui-même suicidé, ce qui va, selon les experts du djihadisme, à l'encontre de la mécanique mortifère de Daesh.

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